vendredi 26 octobre 2018

Photo satellite du Centre Pompidou



ART -Avez-vous quelque chose à déclarer? Je remercie Tanguy Le Chapelier qui m'a envoyé cette photo satellite du Centre Pompidou avec la peinture de mon panneau sur le pavé du parvis (été 2017). Source: cartographie Google Earth et Digital Globe. 

jeudi 6 septembre 2018

Le progrès de l'art



L'art s'est successivement soumis à la magie, à la religion, au pouvoir, à l'esthétique, et maintenant au capitalisme spéculatif : il est devenu un produit financier. De quel progrès parle-t-on?

vendredi 10 août 2018

International Open Encounter on Video, a text from Maya Jacobs


Maya Jacobs has dedicated her master study at the Gent University (Belgian) to the 5th International Open Encounter on Video held in February 1976 at the ICC in Antwerpen by Florent Bex and Jorge Glusberg founder of the Centro fort Art and Communication (CAYC - Buenos Aires). As the catalogue of the Encounter has totally disappeared and even was probably never published, Maya Jacobs has undertaken its reconstitution. An exceptional, difficult but successful result worth the lecture, as it reminds the atmosphere, the many important video artists, art critics and the works of that time. Without her steady efforts it would have been simply forgotten.



Jan Swidzinski from Poland, founder of Contextual art © MuHKA 


Hervé Fischer, sociological art © MuHKA

lundi 23 juillet 2018

Le progrès en art et dans la société


L'évolution de la société change l'art. Ls sociologie de l'art le démontre. Mais nous croyons aussi que l'art change la société. C'est le fondement de l'art sociologique. 


Comment pouvons-nous dès lors postuler qu'il n'y a pas de progrès en art, alors que nous croyons fermement au progrès global, humain de la société?
Parce que ce sont deux évidences aussi fortes l'une que l'autre, malgré des creux historiques et des moments chaotiques, voire de terribles reculs. Sisyphe est un volontariste, optimiste obstiné !

mardi 17 juillet 2018

Hervé Fischer et l'art sociologique au Centre Pompidou





Centre POMPIDOU  bilan officiel 2017
    http://bilan-activite-2017.centrepompidou.fr/

  • Les expositions majeures (« David Hockney », « René Magritte. La Trahison des images », « Cy Twombly », « Walker Evans », « André Derain », « Hervé Fischer et l'art sociologique », « Nalini Malani. La rébellion des morts, rétrospective 1969-2018 », « Les 10 ans du prix Guerlain »,
HERVÉ FISCHER ET L’ART SOCIOLOGIQUE
Galerie du Musée
Commissaire : Sophie Duplaix
15 juin 2017 - 11 septembre 2017
Le Centre Pompidou a consacré une exposition à l’œuvre du franco-canadien Hervé Fischer. Artiste, sociologue, penseur, chercheur, Hervé Fischer, à partir de son concept d’art sociologique initié dans les années 1970, questionne aujourd’hui les technologies digitales. En trois volets, cette exposition s’ouvrait sur l’œuvre de l’artiste du début des années 1970 jusqu’au milieu des années 1980, puis explorait son travail de la fin des années 1990 à aujourd’hui, et se terminait sur les pratiques numériques et une réflexion autour de leurs nouveaux usages. 
L'exposition a accueilli 189 000 visiteurs.

vendredi 13 juillet 2018

PAUL REBEYROLLE, vue par Florence Alonzo


Paul Rebeyrolle ou la beauté de l’effraction.

Exposition monographique de Paul Rebeyrolle, au Domaine national de Chambord
« Paul Rebeyrolle, © ADAGP, Paris 2012 ».
L’Hommage à Courbet n°3 1993 Technique mixte sur toile 146x174 cm ©Michel Nguyen Collection Laurence et Jean-Pierre Courcol
Il y a des univers qui dérangent, des formes éventrées, des corps sans peau dont on voit l’ossature, du sang. Il y a ces cris des suppliciés que l’on devine et que l’on entend presque. Il y a ses baignoires pleines, ses fauteuils de juges, cette nourriture si terrestre, ses seins, ses fesses, ses culs de singe… Il y a ce point de vue qui déchire la réalité et qui jamais ne la représente. Il y a ces mises en scène de la loi, de la torture, de l’enfermement, de la nature, de l’amour. Il y a cette palette de couleurs si douce, sans aucune complaisance, sans jamais de satisfaction.

Voir en ligne : www.espace-rebeyrolle.com
Il y a cette grandeur pour dénoncer la l’étroitesse d’une société qui a asservi l’homme à ses convenances. Il y a cette animalité sans laquelle l’homme ne sera pas homme. Il y a ces distorsions de corps, ces conglomérats de matière, cette vermiculite chargée de colle, ces grillages. Il y a surtout cette lumière dont Chambord, la royale presque pâlit. C’est au deuxième étage du château, sous les voûtes à caissons Renaissance que le Domaine national de Chambord, sous la direction de Jean d’Haussonville, a ouvert ses portes jusqu’au 23 septembre 2012 à l’un de nos plus grands peintres de la seconde moitié du XXème siècle.
C’est en effet la première grande exposition monographique de Paul Rebeyrolle organisée depuis l’exposition de 1979, au Grand Palais, à Paris. Plus de cinquante œuvres, sur près de 900 m2 d’exposition, magnifiquement orchestrées par l’œil expert de Jean-Louis Prat, directeur de la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence pendant 35 ans.
Paul Rebeyrolle est né en en 1926 à Eymoutiers en Haute-Vienne. De son enfance, meurtrie par la maladie : son état de santé nécessite une immobilisation totale pendant cinq ans, il gardera les paysages champêtres, les arbres, les animaux, la terre Limousine. Ses parents, instituteurs de la République lui apprennent à lire. Il dessine et veut devenir peintre. A l’âge de 18 ans, il monte à Paris par le « premier train de la Libération ». Il parcourt les galeries : Soutine, Picasso. Il découvre le Louvre en 1947, quand le musée ouvre à nouveau ses portes. Révélation des Vénitiens, des Rubens, des Rembrandt… Il s’engage, devient membre du Parti Communiste qu’il quitte en 1956 à l’invasion de la Hongrie et en réaction à la position ambiguë du PC face à la guerre d’Algérie. Engagé, il le restera toujours. Son arme est picturale. « Pour revenir à une notion simple, je me bats contre le décoratif, tu l’as senti, parce que je crois que la peinture, c’est le décoratif plus autre chose. C’est cet excès qui compte. Il faut qu’un tableau soit non seulement un beau et bon tableau, mais surtout qu’il aille au-delà du beau et du bon, avec une portée paroxystique qui t’empêche d’aller tranquillement sur des sentiers battus ou des demi-mesures » Propos de Paul Rebeyrolle recueillis in Paul Rebeyrolle la peinture hors normes, conversation avec Francis Marmande, 2009 Musée des Beaux Arts de Valenciennes.
En 1967, il utilise déjà son procédé d’insertion d’objets à la surface même de la toile. Il y intègre les matières du monde. « De ces amalgames surgissent des images qui affirment la résurrection de la matière, par la même de la peinture. » Jean-Louis Prat Les corps à corps de Rebeyrolle in catalogue de l’exposition, p.13.
Paul Rebeyrolle n’avait aucun carnet de croquis. Il ne travaillait qu’à la mémoire visuelle. Sur les huiles, les colles, les essences, les acétates, Francis Marmande, professeur de littérature à l’Université Paris-Diderot et ami du peintre, nous rappelle que Paul Rebeyrolle était « intarissable ». Travailleur infatigable, il aimait à retrouver son atelier de Boudreville en Bourgogne tous les matins : « Il faut qu’il y ait une joie de peindre ». Pourtant Paul Rebeyrolle nous malmène. Ses grands formats nous obligent à voir une réalité, un système par trop « autofage ». Ils nous déroutent, abattent nos conformismes, nous obligent presque à détourner les yeux, tant certaines scènes sont violentes « Suicide n° 3 » , « L’Agression », « Les Magistrats II » (1990), « Aliénation totale » ou « Nu aux ecchymoses » (1980) : « Il faut que la peinture alerte » se plaisait-il à dire ...mais le souvenir d’un bleu outrancier, l’éclat d’un rouge sang, la présence d’un jaune mimosa, la violine d’un grain de raisin nous ramène à la toile.
Dès 1968, il peint un cycle de séries. Chaque titre, reflet de ses engagements, est une « Splendeur de la vérité » : « Faillite de la science bourgeoise » (1973), « Natures mortes et pouvoir » (1975), « Les Evasions manquées »(1980-1982),« Le Sac de Madame Tellikdjian »(1983-1984) , « Les Panthéons » (1990-1991), « A propos de Courbet » (1993), « Bacchus » (1998), « Le Monétarisme »(1999) pour n’en citer que quelques uns. Peintre de la monstruosité de notre civilisation, sans aucune concession, Paul Rebeyrolle brise les clôtures, fracture, pénètre les domaines réservés de la loi et ses « Magistrats » (1991), série « Les Panthéons » Peinture sur toile, Technique mixte (275 x 275 cm), se délectent, assis confortablement dans de larges fauteuils noirs, tandis qu’un pauvre bougre se débat dans une baignoire de jugements. Légitimité éventrée.
Peintre de la faune : vache rouge, sanglier gris, carpe, lapin…peintre de la terre, de la Nature, dont il saisit la vérité en osant le silicone. « Un arbre » (2000) Peinture sur toile, Technique mixte, (300 x 140 cm). Peintre du grotesque, du monstrueux, de la « furor » des hommes, de la volupté aussi avec sa « Véronique 2 » (1994) série « Splendeur de la Vérité », Technique mixte sur toile (284 X 175 cm) femme debout tout en sein, en ventre, en ovaires laiteuses ; avec son « Hommage à Courbet n° 3 » (1993), Technique mixte sur toile (146 x 174 cm). Ventre offert, cuisses ouvertes, la femme écarte les poils de son pubis noir pour mieux montrer son clitoris. Chair de l’origine. Caresse du sublime.
Paul Rebeyrolle, « Le plus grand peintre de la chair en son temps. Ecchymoses comprises » Francis Marmande, Rebeyrolle au javelot in Catalogue de l’exposition p.67

samedi 23 juin 2018

Théorie de l'art sociologique


Mais qui donc a "inventé l'art sociologique"?
C'est bien moi, quoiqu'on ait pu dire autour de moi. Alors (1971) artiste et assistant en sociologie de l'art à la Sorbonne-Paris V, c'est moi qui ai imposé ce concept d'art sociologique en retournant le concept en toute logique, qui en ai écrit la théorie complète et inventé des pratiques, d'abord et avant tout pour moi seul. J'étais immergé dans les livres de Pierre Francastel, Lucien Goldmann, Ernst Fischer, l'École de Francfort, Marcuse, l'Internationale situationniste et Guy Debord, dans la sociologie de l'art autant que dans ma quête artistique personnelle. C'était le centre de mes pensées, la raison de la déchirure de mes propres oeuvres, de mon hygiène de l'art. Je ne voyais pas comment enseigner la sociologie de l'art sans l'appliquer à ma propre démarche artistique. Cela n'aurait eu aucun sens pour moi. Cela aurait été totalement contradictoire. Et en même temps, cela me paraissait audacieux, un peu vertigineux, radical, difficile à faire accepter dans une idéologie générale idéaliste et obsédée d'avant-garde, plus soucieuse d'inventer une idée que de comprendre son lien avec la société et la "réduire" ainsi à l'opposé du lyrisme avant-gardiste. Je ressentais ma solitude lorsque je parlais plutôt, quant à moi, de pédagogie, de participation sociale créatrice, de démarche interrogative, de "travaux socio-pédgogiques".
François Pluchart a évoqué une sensibilité sociale ou sociologique; provoqué, Bernard Teyssèdre a reconnu par écrit n'avoir pas inventé l'art sociologique et Pierre Restany n'a jamais imaginé en revendiquer une quelconque paternité, même s'il en a soutenu activement et généreusement les pratiques. 
Ce ne furent pas davantage les deux autres membres du collectif d'art sociologique, auxquels j'ai proposé en 1974 ce concept puis celui de l'École sociologique interrogative - située dans le sous-sol de ma propre maison boulevard de Charonne, Paris XIe -, concepts qu'ils ont adoptés immédiatement, en un moment de bonne entente, parce que cela correspondait alors assez bien à leurs démarches, mais qu'ils n'avaient jamais employés avant. 
Affligé, je suis resté silencieux depuis leur sabordage de l'École sociologique interrogative à laquelle je tenais tant, en 1982, sans même répondre à leurs communiqués agressifs diffusés internationalement et malgré bien des abus déclaratoires de leur part depuis (parfois très irritants), car je ne voulais pas m'engager dans des polémiques indignes. Écoeuré, j'ai même émigré au Québec, pour ne plus penser à eux et passer à autre chose: les arts numériques, en créant la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal en 1985. 
Mais  cela fera bientôt cinquante ans que j'ai engagé  ma pratique d'art sociologique. Et il est temps que je parle. Cela doit être dit publiquement. 
C'est fait. 
J'ai eu une très longue patience, mais je me devais à moi-même (et non aux autres) de le dire un jour clairement et sans ambages, car mon silence pourrait être interprété contre moi. Ce sera mon hygiène de l'art rétroactive. 
Certes, ce n'est pas une grande affaire que d'avoir conçu un concept artistique aujourd'hui encore si peu reconnu. Beaucoup d'autres artistes du moment s'y seraient d'ailleurs volontiers associés sans se battre avec des propriétés intellectuelles. Je ne suis pas assez vaniteux pour en tirer beaucoup d'orgueil. Je l'ai démontré depuis tant d'années. J'ai même interrompu ma démarche pendant 15 ans, demeurant en réflexion de 1984 à 1999. 
Mais ce qui me décide aujourd'hui, c'est d'observer de plus en plus clairement le discrédit d'une dérive média-médio-cratique qui est menée au nom d'un art sociologique que je ne reconnais plus, à l'opposé de ce que j'ai théorisé. 
Si le Centre Pompidou a voulu que ma rétrospective soit titrée avec l'art sociologique, c'est évidemment parce que ma démarche est apparue comme fondatrice, en rupture avec l'air du temps des années 60-70, et que c'est en cela qu'elle était significative. Et c'est bien ainsi que je l'ai vécue, que j'y ai consacré ma vie, que j'ai construit ma vie, comme il ressort clairement de l'expo: elle raconte ma vie, la vie d'un sociologue engagé dans la sociologie, jusqu'à lui trouver un développement nécessaire dans la sociologie des imaginaires sociaux: la mythanalyse.

"... um die grauen Gewölwe Streifen rötliche Flammen dort, Verkündende, sie wallen geräuschlos auf." (Hölderlin, Des Morgens).