samedi 30 avril 2011

Esthétique interrogative


L'avenir de l'art dépend tout autant de notre questionnement sur l'art, sa fonction anthropologique, que de notre questionnement sur l'avenir de l'humanité auquel nous aspirons. C'est la même réponse qui vaudra pour les deux questions. Il faut donc commencer par le questionnement, interroger l'art, concevoir une esthétique interrogative. Cette signalisation et ces toiles de contre-empreintes de main, qui datent dans ma démarche du tout début des années 1970, étaient le fondement même de l'art sociologique.
hf

vendredi 29 avril 2011

L'hygiène de l'art



Lorsque l'on tente de repenser le rôle de l'art, sa fonction sociale, son avenir le plus intéressant, il y a un moment où il faut même s'efforcer de libérer sa mémoire, oublier les modèles, les thèmes, les esthétiques, les admirations. Tenter de faire table rase du passé pour reconstruire avec plus de liberté et si possible avec une nouvelle créativité. Ne plus penser adaptation, renouvellement, perfectionnement, mais divergence, radicalement.
C'est ce que j'ai tenté au début des années 1970 en détruisant mes propres oeuvre d'art, en proposant aux autres artistes que je connaissais de m'envoyer chacun une oeuvre d'art à déchirer, en organisant des expositions hygiéniques de ces oeuvres déchirées et en parodiant les fameux panneaux interdisant d'afficher sur les murs pour me moquer de ma propre prétention artistique.
J'ai ainsi repris ma liberté toute crue.
hf

jeudi 28 avril 2011

L'Histoire de l'art est terminée

Performance au Centre Pompidou en 1979, qui a donné le titre du livre éponyme que j'ai publié en 1981 chez Balland à Paris.
Une critique de l'obsession avant-gardiste des années 1970, qui a conduit nécessairement à l'art postmoderne.
hf

mercredi 27 avril 2011

Ilya Prigogine

Le Prix Nobel Ilya Prigogine, auteur de livres célèbres tels que "La nouvelle alliance", "L'homme devant l'incertain", malheureusement décédé en 2003, m'avait beaucoup impressionné. Il remettait en cause à partir de sa théorie de la thermodynamique le schéma stéréotypé de la pensée linéaire.
J'ai eu l'occasion de le rencontrer longuement au Québec lorsqu'il accepta mon invitation à présider le Festival Téléscience que j'organisais à Québec et à Montréal dans les années 1990. Il était passionné d'art préhistorique et inuit. Je l’emmenai visiter plusieurs galeries et il y découvrit une sculpture de figure féminine digne de la Venus de Hohle Fels. Nous discutâmes des heures du Big Bang, sa nouvelle grande question, de la probabilité qu'il y ait eu plusieurs big bang, donc plusieurs univers, comme il y a des milliers, voire des milliards de galaxies. Une pensée délicieusement vertigineuse.
Comment ne pas reprendre alors toute notre liberté, la plus créatrice, en pensant à l'art et à son avenir? Art et science ont partie liée. Comment sous-estimer l'importance des arts scientifiques!

mardi 26 avril 2011

Claude Viallat, Joséphine Matamoros,Hervé Fischer


Rencontre à Céret avec la directrice du Musée, Joséphine Matamoros, et Claude Viallat le jour du vernissage de mon exposition "Nouvelle nature" - 30 octobre 2010

Art pré- posthistorique

Murale réalisée au MAM de Céret, France, 2010.
hf

lundi 25 avril 2011

Les beaux-arts à l'âge du numérique

Une rencontre, un dialogue qui s'imposent de plus en plus. Un héritage que les arts numériques ne peuvent rejeter. Un monde numérique que les beaux-arts ne peuvent ignorer. Un aveuglement qui ne se justifie plus.
hf

Nouvelle nature

Repenser la nature. Elle était romantique, onirique, sentimentale, intimiste. Elle est devenue technoscientifique, numérique,écologique, savante, politique. Mais toujours aussi fragile, encore plus vulnérable. Jadis permanente, immense; aujourd'hui petite comme une peau de chagrin, menacée.
hf

dimanche 24 avril 2011

IMPACT 2

L'affiche de l'exposition IMPACT 2 au MAM de Céret, en 1972. En bleu et en rouge.

vendredi 22 avril 2011

Toile contre-empreintes de mains, 1982

Il n'y a pas de progrès en art, mais bien sûr il y a une histoire, collective de l'art, ou plutôt une multitude d'histoires de l'art selon la multitude des sociétés qui ont coexisté. J'ai toujours contesté la vision idéaliste de Malraux et sa passion pour une histoire générale ou universelle de l'art.Il y a aussi les histoires individuelles, celles de chaque artiste. Et il y certain que chacun de nous apprend, cherche, évolue, progresse dans son travail jusqu'à une éventuelle maturité.
Pour ce qui me concerne, je dirai que ma recherche a progressé, divergé, changé sans doute, mais je ne crois pas que ma production des années 1970 ou 1980 ou 2010 ait progressé. Je me suis toujours déclaré artiste de classe moyenne et artiste d'arrière-garde, par ironie vis-à-vis de l'obsession avant-gardiste des années 1960-1970, tout aussi bien que par rapport à l'art élitiste des mêmes années.
Ainsi, mes toiles de contre-empreintes de main républicaines des années 1970, bleues et rouges sur fond blanc, celle-ci, de 1982, où j'ai pris la liberté d'explorer d'autres couleurs et de mettre du désordre dans les enlignements, ou cette murale de 2010 au Musée d'art moderne de Céret, où les mains en tombant se crispent, se serrent comme des poings mutilés, pour évoquer une évolution sociale dramatique depuis une quarantaine d'années, ne sauraient suggérer le moindre progrès, ni recul. Elles ont évolué dans ma recherche et je n'ai aucune raison de ne pas y revenir aujourd'hui. Je me contredirais en m'interdisant de reprendre ce mode d'expression et rien ne justifierait de valoriser davantage les premières ou les plus récentes, ou le contraire. Je n'exclue aucunement de refaire des toiles de contre-empreintes de main! Ainsi le permet l'arabesque de la recherche, qui est rarement linéaire, comme l'évolution du contexte historique et social de l'artiste et de sa psyché.
Il en est de même de l'avenir de l'art. Il ne sera pas meilleur que son passé; il ne correspondra pas davantage à un progrès par rapport à l'art romantique, impressionniste, abstrait ou futuriste. Il sera cependant à coup sûr différent, moins centré sur des problèmes d'esthétique et plus sur des problématiques sociales et éthiques.
Hervé Fischer

jeudi 21 avril 2011

Pour un art philosophique

J'ai fait mes études en philosophie, ma maîtrise avec Raymond Aron sur la pensée politique de Spinoza. Puis est survenu Mai 68. J'ai été piqué par le virus et je me suis tourné vers la sociologie de l'art, de la communication et de l'imaginaire. De là est né l'art sociologique. Sociocritique, sociopédagogique dans une pratique intense sur le terrain. Cette sociologie de l'imaginaire m'a amené à construire une théorie que j'ai appelée la mythanalyse, et qui n'a cessé de me passionner depuis, tant dans sa théorie que dans sa pratique, aussi sociologique qu'artistique. J'ai créé et publié de plus en plus sur ce thème.
Mais on dit souvent qu'en vieillissant, on revient vers la philosophie. Et c'est ce qui m'arrive depuis une quinzaine d'années. Mon retour à la peinture évolue entre sociologie critique, mythanalyse et philosophie du numérique. Me voilà maintenant avec le tweet art et la tweet philosophie. Art et philosphie se rejoignent de plus en plus étroitement pour moi, au point où je me rends compte que j'opte de plus en plus pour un "art philosophique". Que faire de ce monstre, qui me disqualifie certainement autant aux yeux des philosophes que des artistes. Je m'en suis expliqué dans L'avenir de l'art. Peu m'importe en fait le qu'en dira-t-on. J'ai assez vécu pour voir les modes passer, les idées évoluer, les bloquages se défaire, les divergences s'imposer. Je ne suis pas du genre à m'adapter aux lois du milieu artistique, ni davantage du milieu universitaire. Je ne l'ai jamais fait, j'ai toujours choisi moi-même la direction de ma barque, coupant les amarres vite et sans regret. je continuerai donc librement mon chemin selon ma seule boussole.
Hervé Fischer

mardi 19 avril 2011

Toile de contre-empreintes de mains

Cette toile du début des années 1970 traite de la thématique que j'ai reprise et actualisée dans la murale du MAM de Céret en 2010.
hf

dimanche 17 avril 2011

De la préhistoire à l'avenir de l'art

Cette murale réalisée au Musée d'art moderne de Céret en octobre 2010 reprend la contre-empreinte de mains de l'art préhistorique et que j'avais choisie au début des années 1970 pour mes toiles essuie-mains.
Je voulais souligner ainsi qu'il n'y a pas de progrès en art, dans l'histoire de l'art. Le progrès n'est pas une idée pertinente en art.
Je faisais ainsi un clin d'oeil au mouvement Support/Surface, tout en explorant le thème de l'"hygiène de l'art" avec lequel j'ai introduit l'art sociologique. L'empreinte de main est le premier geste de l'artiste vers le support de l'image. Le plus ancien et le plus fondamental. Et en accord avec la problématique de démystification des illusions et de la subjectivité de la peinture, qui dominait à l'époque de BMPT et de Support/Surface, j'avais choisi le bleu-blanc-rouge de la bourgeoisie républicaine.
Reprenant ce thème à l'échelle d'une murale dans cette exposition rétrospective, j'y ajoutai l'expression d'une distorsion et d'une souffrance qui ont cru dans notre société depuis les années 1970. Du haut vers le bas de la murale, les mains prennent en tombant des formes de plus en plus mutilées, des formes de poings crispés.
Il est prévu que cette murale sera effacée d'ici l'été 2011 - les règles du musée obligent -, pour laisser place à d'autres accrochages.
Hervé Fischer

jeudi 14 avril 2011

L'Afrique se redressera-t-elle?

L'art africain est l'un des plus grands, des plus fascinants. L'Afrique inversera-t-elle un jour les pôles?
hf

mardi 12 avril 2011

L'art change le monde

"La beauté sauvera le monde" écrivit Dostoïevski. C'était faire de la beauté ou de l'art un deus ex machina. Et comme la beauté est une valeur très relative ou changeante, nous ne pourrions plus affirmer rien de tel aujourd'hui. Dire aujourd'hui que "l'art change le monde" n'a plus la même résonance religieuse ou spirituelle". L'affirmation demeure au présent et elle réfère à une conception plus volontariste et humaine. J'ai d'ailleurs écrit dans L'avenir de l'art que "l'art trahira Dieu".
Il est de bon ton de dire que l'art est impuissant à changer le monde. Nous observons pourtant que l'influence de la Renaissance, du classicisme, du romantisme, de l’impressionnisme, du surréalisme, etc. sont indéniables du point de vue de la sensibilité et de notre image du monde. Un art qui prendra désormais en compte la crise des valeurs que nous traversons avec une esthétique interrogative critique, en promouvant une éthique planétaire, pourra faire beaucoup pour changer le monde en le conscientisant davantage.
hf

lundi 11 avril 2011

Une équation questionnée

L'équation est réversible, mais le résultat change alors de médium.
hf

dimanche 10 avril 2011

Created in Cyberworld

L'avenir d'une illusion. hf

dimanche 3 avril 2011

L'histoire de demain

La course est essoufflante et incertaine. Où courir?

samedi 2 avril 2011

la divergence



La création, c'est la divergence.

vendredi 1 avril 2011

artiste/philosophe

On dit souvent qu'un artiste ne peut être un philosophe sans perdre sa créativité, car un artiste est un intuitif, un impulsif, qui ne devrait pas vraiment savoir ce qu'il fait! Et un philosophe serait un esprit abstrait, le contraire d'un imaginatif et d'un sensible, qui ne serait capable que de conceptualisation et de logique, à l'opposé du confusionnisme et de l'irrationalisme de l'imaginaire.
Pour rejeter au nom des catégories aristotéliciennes et de la routine institutionnelle le rapport étroit qui existe réellement entre l'art et la philosophie, il faut n'avoir aucune expérience réelle de la pratique actuelle de la philosophie, ni de celle de l'art. Voilà la divergence qui s'impose aujourd'hui par rapport à l'époque de Kant et de Hegel. Les deux démarches puisent dans l'imaginaire, celui de la théorie philosophique et celui de la discursivité imagée, toutes deux sont des écritures, toutes deux sont conceptuelles; toutes deux sont biographiques, toutes deux sont sensibles, toutes deux sont libidinales, hystériques, extrêmes - extrêmement ambitieuses aussi. Et si elles sont importantes, créatrices, toutes deux sont divergentes par rapport à la pensée et à l'imaginaire communs.
Hervé Fischer