vendredi 24 février 2012

L'art demeure toujours archaïque


Je reviens sur l'imaginaire du temps, que j'ai déjà abordé plusieurs fois. En tant qu'artiste, je résiste à l'idée du temps ou d'une chronologie dans mon travail qui m'interdirait de reprendre des pratiques initiées il y a vingt ou quarante ans. De même que j'ai dénoncé dans les années 1970 l'obsession avant-gardiste des artistes. Le progrès n'est pas une dimension intéressante en art. L'art demeure, en quelque sorte toujours archaïque, même en étant actuel. Ainsi j'ai repris en 2010 le thème des contre-empreintes de mains que j'avais adopté au début des années 1970 en relation avec la déconstruction du mouvement Support/Surface. De même, je suis revenu à la Pharmacie Fischer et aux prescriptions de pilules que j'avais initiée il y a bientôt quarante ans, non seulement en ligne, comme la pratique s'en est développée depuis de la part des fournisseurs professionnels, mais aussi en performance, comme je l'ai fait en octobre 2010 au musée d'art moderne de Céret et comme je vais le faire en mars 2012 à la Galerie parisienne, à Paris. En quelque sorte, le problème qui m'intéresse demeure d'actualité, même si ma pratique des contre-empreintes de mains change aujourd'hui de sens, posant moins un geste pictural scolastique et abordant plutôt la question sociale de la violence et de la souffrance humaine.
Je ne veux pas, en tant qu'artiste, m'enfermer dans une chronologie linéaire. Je ne saurais être hors temps: ce serait un idéal absolu extraordinairement désirable, mais évidemment impossible. Du moins ai-je choisi de prendre mon temps, d'en être le maître et non l'esclave. Je ne me laisserai pas dévorer par le cannibalisme du temps qu'incarne le titan grec Cronos.
Parlant ainsi, je ne me mets aucunement en contradiction avec la question de "l'avenir de l'art", que je n'ai jamais inscrit dans une perspective linéaire de progrès, mais plutôt comme un désir de voir l'art se tourner vers une pratique philosophique et mythanalytique et comme une prédiction démystificatrice de la domination abusive des technologies numériques en art. Leur importance sera reconnue comme une pratique à l'égal des autres, ni plus et plutôt moins importante.

vendredi 17 février 2012

L'art du numérique

Adonde va el planeta? - peinture acrylique sur toile, 2004

Notre image du monde devient numérique. Ce n'est pas une raison pour que l'art devienne lui aussi numérique et n'affiche plus que des algorithmes interactifs sur des écrans cathodiques. Que je sache, la littérature n'est pas obligée de ne se publier désormais qu'en ligne ou dans des installations interactives. Nous explorons un monde numérique, une sensibilité numérique, des images numériques. Oui, mais pourquoi pas avec des textes, des peintures, des sculptures, des architectures, des performances? Que je sache, les codes-barres s'impriment encore sur du papier. Ils ne sont pas souvent sur des écrans.
Peindre la nature, ce n'est pas faire du jardinage, planter des arbres, bouger le soleil ou les montagnes. C'est les scruter, les représenter, en construire une interprétation visuelle. Le jardinier est éventuellement un artiste. Mais l'artiste n'est pas nécessairement un jardinier.
Le monde est devenu financier. Pour autant nous ne sommes pas devenus tous des manipulateurs d'argent. Nous avons même encore le droit d'avoir un regard très critique sur les abus destructeurs de la spéculation. Nous avons le droit de nous indigner, d'être des artistes indignés.
Pour autant, je ne dis pas que l'art n'a rien à voir avec le numérique. Bien au contraire, c'est l'objet même de mon travail d'artiste. L'art actuel ne peut manquer ce rendez-vous historique.

mercredi 15 février 2012

Une image numérique du monde


Notre cosmogonie est devenue numérique, dans tous les sens du mot. Elle se mesure en toute chose. On l'avait oublié, depuis les Grecs, mais on y est revenu depuis la Renaissance et aujourd'hui plus que jamais. Structures et nuances se chiffrent. J'insiste donc sur la signification d'une esthétique quantitative.
Mais notre image du monde relève aussi désormais dans sa représentation, dans son interprétation, dans sa modélisation, dans son instrumentalisation de l'omniprésence du code binaire sur lequel se fonde le numérique. Nous l'approchons, nous l'interprétons, nous la contrôlons, nous la transformons avec des appareils électroniques, des algorithmes, des logiciels, des fichiers numériques et en fausses couleurs. C'est en ce sens que le numérique est devenu notre nouvelle nature et que je parle de Nouveau naturalisme.
L'art actuel peut rejeter cette évidence ou en diverger avec une conscience aiguë de ses raisons. C'est là une posture tout à fait légitime et éventuellement fort intéressante. Car le numérique, malgré son efficacité évidente, ce n'est pas une vérité, mais seulement un codage trivial, ainsi que la métaphore contemporaine sur laquelle se base la science.
L'art actuel peut aussi s'y soumettre dans les délices de l'hypnose.
Il peut encore l'explorer, la questionner, la critiquer, sans en nier ni la puissance, ni les vertus, ni les utopies, ni le mythe, ni les dangers. C'est le choix que j'ai fait.

mardi 14 février 2012

Nouvelle sensibilité


Sensibilité du nouveau naturalisme.

lundi 13 février 2012

Pharmacie Fischer à Paris


Je déploierai les artifices de la Pharmacie Fischer à la Galerie parisienne le jeudi 29 mars.

dimanche 12 février 2012

Deuxième réimpression de l'Avenir de l'art


Les éditions vlb annoncent une deuxième réimpression de L'Avenir de l'art, dont la première édition date de juin 2010. Le livre, qui a connu une vente rapide et est encore actuellement épuisé, sera à nouveau disponible à la mi-février au Québec, mais aussi en Europe et notamment en France.

samedi 11 février 2012

Éclairer l'avenir


Finances. Exposition en 2010 au Centre culturel à Buenos Aires. Peintures acryliques sur toile.

vendredi 10 février 2012

Hygiène de l'art


Pilules pour l'hygiène de l'art.

samedi 4 février 2012

Collectionneurs pour le meilleur et pour le pire


Ils ont permis de survivre à beaucoup d'artistes importants. Certains sont puissants et capables de faire ou de défaire des carrières d'artistes. Ils ont influencé l'actualité artistique, sans conséquence durable lorsque leurs choix étaient erronés. Ils finissent le plus souvent par donner leurs collections aux musées, publics ou privés.Lorsque j'avais 25 ans j'ai été content d'échanger des encres de Chine de couleur contre du mauvais vin. J'ai rencontré Panza di Buomo dans son chateau musée au milieu de son vignoble italien et je lui ai donné une boite de pilules de la Pharmacie Fischer sur la Plaza di Duomo de Milano dans les années 1970.

jeudi 2 février 2012

La Pharmacie Fischer


Voilà des pilules qui sont encore bonnes à avaler, bien qu'elles datent de 1972.

mercredi 1 février 2012

nouveau naturalisme


Hypernature, nouvelle nature, nouveau paysagisme. Pierre Restany aurait parlé du nouveau naturalisme.