mercredi 18 décembre 2013

Tweetart et doctorat honoris causa


L'Université du Québec en Outaouais m'ayant accordé l'honneur d'un doctorat honoris causa des universités du Québec, j'ai eu le plaisir lors de mon discours de réception le 2 décembre 2013 de présenter les idées qui fondent mon art et mes écrits, en illustrant mon propos de quelques capsules de tweetart. Un moment d'intensité devant un vaste auditoire de sages professeurs et d'innombrables étudiants. Merci au recteur Vaillancourt pour son discours si convivial. Merci à mes amis de l'UQO, et notamment à Ginette Daigneault, d'avoir voulu m'offrir cette belle occasion et cet honneur académique.

mercredi 14 août 2013

Disparition de Serge Goudin-Thébia


LA MOSAÏQUE EPARPILLÉE, PUIS RECOMPOSÉE
Fernand Tiburce FORTUNE
vendredi 26 juillet 2013 
 
la rédaction de Montray Kreyol 
Quelques œuvres à retrouver sur le site:  http://yaelkan.livegalerie.com/  

"L’itinerrance",(comme il se plait à nommer son parcours) de Serge Goudin-Thébia, est en elle-même merveilleuse, au sens où l’entend Alejo Carpentier et en regard de la définition magistrale que donne Jacques Stephen Alexis de la notion de réel-merveilleux.
En effet, la vie de Serge Goudin-Thébia s’inscrit profondément à la fois dans une réalité difficile, complexe et dans une féérie étonnante. Mais ce n’est pas un conte de fées. Une histoire fantastique plutôt, caractérisée par une juxtaposition ou un enchaînement de faits extraordinaires, sans logique apparente, sans liens évidents, révélés dans une imbrication de champs multiples et divers, dans un croisement de hasards, dans une succession incroyable de carrefours décisifs. Et, par une magie inexplicable, toutes les lignes parallèles vont se rejoindre, puis se confondre dans des bonheurs inattendus, ou se conjuguer pour conjurer au mieux le mauvais sort. Mais, si Serge Goudin-Thébia est la somme vivante de destins croisés où l’événement est davantage subi, il est aussi celui qui saisit les opportunités, qui colle à la réalité, qui maîtrise ses choix, qui tisse les fils directeurs au quotidien, et ce, de la façon la plus logique, la plus rationnelle, la plus déterminée qui soit.
Et, c’est en cela que son parcours et son œuvre s’inscrivent dans un réel-merveilleux, dans une américanité et une caribéanité, longtemps vécues dans l’inconscient, puis découvertes dans un éblouissement où la poésie fut un fil d’ariane, et les couleurs bleu et noir, la lumière et la musique. Serge Goudin-Thébia est né le 23 Août à Agen, Lot et Garonne (France). Il est d’abord un homme déchiré qui devine, puis voit de plus en plus clairement devant lui les pièces noires et blanches d’une belle mosaïque à rassembler. Métis (donc déjà à un carrefour), il est élevé seul par sa mère catalane, son père originaire de la Guyane s’en est allé alors qu’il avait quatre ans. Serge perçoit très tôt les cloisons et les plus subtiles distinctions de la vie et apprend ainsi à déchiffrer vite les regards, les mots et les silences.
Il sera un rebelle, l’homme des passages et des mutations. le rebelle intérieur d’abord qui va traquer en lui-même toutes les ambiguïtés, toutes les contradictions. Le rebelle politique et social dans son engagement contestataire à la fin des années soixante...
[Pour Serge] l’artiste doit, dans une analyse critique, se détourner de la pure approche technique ou technico-logique de l’académisme et se projeter tel qu’il est (un monde lui-même), dans son art. Faire bouger l’art et introduire la notion d’art sociologique. C’est-à-dire démystifier l’art et revoir les rituels. Donner à l’Art total (peinture, sculpture, photos, vidéo, gravure...) toute sa dimension d’échange, de relation avec l’autre, ré-ouvrir l’Art sur une fonction communication qui lui a été longtemps refusée ou confisquée...
Extrait (p 74-75) de" La voie du Fromager, ou l’art du dedans" de Fernand Tiburce FORTUNE
Fernand Tiburce FORTUNE Ancien Président du groupe FROMAGER



Je reprends cette note du site: http://www.montraykreyol.org/spip.php?article6527
A souligner: la référence à un art sociologique

dimanche 26 mai 2013

art conceptuel? Ou art sociologique?



Lors de la Biennale de Sao Paolo en 1981, invité spécial de Walter Zanini, signalisations imaginaires en forme de panneaux routiers, reprenant des noms de quartiers de Sao Paolo. En ces temps de dictature militaire, cette intervention urbaine n'était pas de l'art conceptuel! Un art sociologique apparenté au conceptualisme du Sud. Pas de la pseudo linguistique pour le marché de l'art de New York. Un art engagé dans un contexte réel difficile.

samedi 25 mai 2013

Conceptualismo del Sur - conceitualismo do Sul - arte sociologico


Invité spécial de son directeur Walter Zanini à la Biennale de Sao Paolo en 1981, une série de signalisation routière en centre ville, reprenant les noms de divers quartiers de la ville (usant de la litote en temps de dictature militaire). Est-ce de l'art conceptuel? NON. De l'art sociologique? OUI. Una contribucion al conceptualismo del Sur? Conceitualismo do Sul? SI.

jeudi 23 mai 2013

Conceitualismo do Sul o arte sociologico?


Intervençao urbana, no centro do Sao Paolo, Bienal de 1981

lundi 20 mai 2013

Conceptualismos del Sur/Sul y arte conceptual del Norte





El conceptualismo de América latina del Sur/Sul no tiene nada que ver con el conceptual art de Nova-York. El conceptualismo latino se desarrolló en tiempos duros de dictadura política como arte de lucha militante, con consciencia sociológica, comprometido al riesgo de los artistas mismos frente a la represión militar, la tortura, la desaparición. Nunca a tenido el éxito que se merece porque se expresó mas por performances, arte postal, dispositivos de intervención social efémera que por  obras de arte con firma lista por el mercado de las galerías. Tan poco sus temas estaban al gusto de las coleccionistas en ese momento de intensiva lucha de clase. Además, no había en los países de América del Sur un mercado de arte poderoso al nivel internacional. Ese mercado estaba local y marginal, sin motivación y sin fuerza para promover un arte conceptual latino al nivel internacional.
Al revés, el arte conceptual de Nova York se presentaba como un arte lingüístico, idealista, sin conciencia política o social, negando esa dimensión del arte en el caso de Kossuth, Sol LeWitt, Laurence Weiner, Robert Barry. Y en el caso de Hans Haacke or Art and Language, el capitalismo estaba capaz de recuperar, celebrar y vender un arte sociológico (Hans Haacke) or marxista (Art Language) finalizado en formas estéticas de objetos de arte listo para un mercado imperialista.
El imperialismo del conceptual art estaba coherente: innovación en la expresión estética, teoría lingüística anglosajona pragmática, sin conciencia política, una producción de objetos en tamaño de mercado para las galerías de arte y los museos poderosos, exportación hacia Europa.
El aislacionismo de los países  de América del Sur, marginalitos y dedicados a sus propias luchas interiores estaba un contexto de fracaso inevitable en la competencia internacional de las vanguardias de los años 1960-70.
El tema de hoy entonces es de reescribir esa época de la historia del arte contemporáneo con una objetividad critica. Es de relativizar la importancia del conceptual art de Nova York, sin significación perene, sino como un capricho casi anecdótico  y local de la época de vanguardia, y restablecer la importancia social, política, emblemática de una época histórica de los países de América del Sur.  Un arte nuevo comprometido en la sociedad, con conciencia sociológica aguda de la lucha de clase, de la violencia del capitalismo del Norte, con una innovación excepcional en los modos de expresión artística. Un movimiento  artístico de resistencia panamericana, con micha audacia, producido por los artistas al riesgo de sus propias vidas!
Nada que ver con el arte de mercadería de luxo del Norte,insignificante .*

Se tiene que leer el libro de Cristina Freire y Ana Longoni Conceptualismos del Sur/Sul - Conceitualismos do Sul/Sur  y conoscer la Red Conceptualismos del Sur. Nos proponen esa reescritura fundamental. Un debeo por la verdad, la ética  y la historia del arte que necesitamos. Tocamos así problemáticas de la identidad cultural misma de América del Sur.


dimanche 19 mai 2013

Je ne peux peindre qu'une intense excitation


Ce gazon où s'est posée une corneille, je le peindrai d'un coup de vert directement du tube, avec une tâche noire. Le gazon en tube, c'est beau, sans plus. Sans excitation. Alors je peindrai plutôt le vert qui lui sort du bec. Me voilà surréaliste? Alors je peindrai le gazon directement du tube de noir, qui a avalé la corneille. Un monochrome? Je n'y trouve pas mon compte. Pas plus que dans le gazon. Cela m'ennuie. Alors j'enverrai la corneille twitter. Et demander à la volée numérique: Qu'est-ce que c'est que ça:


Ça ne m'excite pas davantage. Je ne peux peindre qu'une intense excitation. Pour en jouir et la transmettre. Pour qu'elle demeure. Et qu'elle puisse m'exciter encore, me provoquer encore, de toute son énergie créatrice.

jeudi 16 mai 2013

Kunst on line/Art en ligne/Arte en linea



     

                                            la fin du monde géométrique
                                                       the end of the geometrical world
                                                              se acabo el mundo geométrico
                                               das Ende der geometrischen Welt

                                        surgit un monde événementiel 
                                                     an eventful world rises
                                      un mundo de eventos surge
                                      ensteht eine Welt von Ereignissen

                                                                      en liens et ruptures
of links and ruptures
                                                          de enlaces y rupturas
         von Verbindungen und Abbrüchen 

jeudi 9 mai 2013

Une peinture conceptuelle ?



Spider robots, peinture acrylique sur toile, 162x130 cm, 012

L'expression de "peinture conceptuelle" évoque une contradiction en soi. La peinture est sensible, presque imprévisible, et ne saurait se réduire à une démarche d'art conceptuel. Pourtant l'art est "causa mentale", comme l'affirmait Léonard de Vinci. La peinture part d'une volonté, d'une décision quasiment brutale de confrontation avec une surface blanche, d'une stratégie choisie et conceptualisée. Mais elle s'annonce aussi comme une aventure inconnue, risquée, quasiment vertigineuse. La peinture est aussi intuitive et sensible que conceptuelle, une expérience de la "raison sensible", selon l'expression juste de Michel Maffesoli. Et c'est bien pour cela que je suis revenu à la peinture.

lundi 6 mai 2013

Vaincre la mort

La vie, peinture acrylique sur toile, 2012


Burlar la muerte, dit-on en espagnol: tromper la mort. Je préfère dire : vaincre la mort. 
Lorsque l'artiste ou le philosophe découvre dans sa conscience la plus intime, dans le va-et-vient de ses illusions et de sa lucidité qu'il a fait oeuvre, une oeuvre capable de lui survivre, lorqu'après des années de travail acharné, obsessif de questionnement, d'engagement, d'action et de défis, il peut esquisser un sourire de victoire, lorsqu’envers et contre tout, à force de volonté d'élucider et de créer, malgré l'indifférence et les frustrations, il croit comprendre qu'il a bâti un édifice pérenne, lorsqu'après diverses névroses, déprimes,deuils de soi-même et resaisissements, à force de persévérance et de démystifications répétées, il peut estimer enfin que son travail a porté fruit et ne mourra pas avec lui, alors il peut se dire que lui aussi ne mourra pas. Son corps, assurément périra, mais pas son oeuvre, qui est le meilleur de lui-même, l'édifice de ses constructions théoriques et de sa création artistique. Ce qui est devenu son identité, sa différence, sa rébellion, sa résistance et sa conquête vaincront la mort. 
Alors il a sublimé son corps, ses émotions, ses faiblesses, et il en a extrait le roc dur qui vainc le temps. Cette certitude lui donne enfin la sérénité qu'il a conquise au coût de ses angoisses. Il mue et se débarrasse du sentiment d'impuissance qu'il n' a cessé de côtoyer et dont le défi permanent lui a paradoxalement accordé la force obsessionnelle enfin de se délivrer. 
Cette certitude s'installe lentement. C'est un sentiment volatile et fragile, privé, qui manque d'écho. Tant d'années de travail solitaire ne trouvent pas leur aboutissement dans la reconnaissance publique, d'ailleurs encore à peine audible, mais dans l'assurance personnelle et quasiment secrète, de la tâche accomplie. 
Jamais ce ne fut une ruse pour tromper la mort, pour échapper à sa mâchoire. Il ne sert à rien de ruser avec la mort. Il faut être plus fort qu'elle, la vaincre par lucidité en créant ce qu'elle ne peut effacer. 
Ce fut un travail frontal, stratégique, un corps-à-corps permanent, dans une obsession de la mort, qui ne fut jamais morbide, mais qui fut un éveil sans repos. Car je suis né au milieu de la mort, entouré de larmes et de deuils, abandonné à moi-même. Né dans une névrose familiale douloureuse. C'est alors qu'est né mon instinct de révolte contre l'invivable. Et il m'aura fallu toute une vie pour cesser de mourir. Près de soixante-dix ans! Je n'ai pas délibérément sacrifié ma vie pour vaincre la mort. Je voulais être heureux et ce combat s'est imposé à moi, sans me laisser aucune alternative.
Pour vivre, il fallait d'abord que je vainque l'angoisse existentielle. Et lorsque la mort m'en libérera définitivement, vivra sereinement celui que j'ai voulu être.
Lorsque je me suis présenté au concours de l'Ecole normale supérieure, Michel Foucault m'a demandé successivement: Qu'est-ce qu'un homme normal ? Puis: Qu'est-ce qu'un grand homme? J'avais droit à vingt minutes de préparation. Je n'ai depuis, bien sûr, jamais oublié ces deux questions. Il connaissait les réponses.
  

dimanche 5 mai 2013

Je peins, donc je pense


New American Flag, according to US Constitution, peinture acrylique sur toile, 2012

jeudi 25 avril 2013

Die Malerei heute wofür?



Astrophysik, acrilysche Malerei über Leinwand, 162x130 cm, 2013

Die Befragung der Malerei heutzutage ist nicht mehr über die Malerei selbst sondern über den Sinn und die Wärte der männlichen Gesellschaften. Die stilistichen Fragungen bleiben wichtig, aber ihre Bibliotek wurde durchaus gelesen. Die Erschöpfung ihrer möglichen stilistischen Figuren befreiet die Malerei, um nicht mehr über sich, über ihre Modalitäten sich zu widmen, sondern über die heutige Welt. Nicht mehr das Haar ihrer Pinseln anzugucken sondern die Äpfel, wie Jean-Luc Godard sagt. Was uns interesiert ist nicht mehr ihre Dekonstruktion. Was uns Sorge gibt, betrifft hauptsächlich ihre sozialen und ökologischen Herausforderungen  in Beziehung auf der skandalösen Gewalt, Ausbeutung und Ungerechtigkeit der männlichen Verhalten. Das ist was die Befragung der Malerei mehr und mehr sein wird: eine kritisch fragende (aber trozdem schöne) Darstellung der heutigen Gesellschaften und ihrer Zukunft.

vendredi 19 avril 2013

la peinture pour penser


Hervé Fischer, Les algorithmes de la pensée, acrylique sur toile, 2012

Je viens de visiter longuement l'exposition du musée des beaux-arts de Québec, consacrée aux "plasticiens" québécois. C'est une exposition historiquement importante et qui oblige à émettre des jugements un peu radicaux. La peinture rétinienne, type opo-art, Sotto, Cruz Diez, Vasarely, Agam, qui fonctionne sur un dispositif systémique visuel, peut surprendre par sa performance, mais est fermée sur elle-même. il ne sort pas grand-chose de sa provocation chromatique de surface. Juste un effet spécial, vide de toute pensée critique. Une jouissance? Oui, mais très brève et sans grande intensité. En comparaison d'un Barnett Newman ou d'un Rothko, un tableau de Molinari (ses bandes verticales répétées de couleur) ne me dit rien. Voyez-en deux, puis trois: c'est zéro. Alors qu'un accélérateur chromatique de Claude Toussignant (ses fameuses cibles) hypnotise et nous questionne réellement sur nos modes de perception du monde. Il nous piège par la rétine et on ne s'en sort pas indemne. Quelle étrange interface avec le monde que notre oeil!
Les premiers plasticiens étaient audacieux face aux Automatistes. Pourtant ils se situent entre les suprématistes russes, type Malevitch et paradoxalement Borduas lui-même (ses bons tableaux, qui sont peu nombreux). Une composition abstraite de Fernand Leduc aussi nous montre le prodige quasi-métaphysique de l'ordre du monde. Tout tableau est une cosmogonie. C'est en cela qu'il nous interroge. A condition de ne pas être bête, vide de tout contenu comme un Molinari, sans puissance chromatique, sans géométrie significative, sans surprise, sans même un effet décoratif. Le personnage était inutilement arrogant.
L'exposition du musée de Québec a le mérite de réunir ces artistes et elle nous permet de porter un jugement comparatif sur l'importance des uns et des autres. Parmi les premiers plasticiens, Jauran a été le théoricien et le meilleur peintre. Toussignant apparaît par la suite comme le plus important. Molinari est quelconque, voire ennuyeux. Puis Yves Gaucher et Charles Gagnon sont à l'opposé l'un de l'autre, mais tous deux de seconde importance.
Dans tous les cas, à moins d'être totalement perturbateur, provocateur comme Toussignant, les peintres qui se cantonnent dans la géométrie et les jeux de couleur, et n'ont rien d'autre à nous dire, ne nous donnent pas grand-chose.

jeudi 18 avril 2013

La peinture pour quoi faire?


On nous dit que face au numérique la peinture est devenue obsolète aujourd'hui. Voilà une affirmation aussi superficielle que répandue.
Aujourd'hui, le problème de la peinture n'est plus la peinture elle-même, mais le monde lui-même. Depuis le XIXe siècle, la peinture s'est interrogée sur elle-même, inventant l'impressionnisme, le fauvisme, le cubisme, l'art abstrait, etc. Elle a questionné la perspective, la touche, le point, la ligne et la surface, opté pour l'arabesque ou la gestualité, pour le hard edge ou pour le monochrome, pour le dripping, le collage, pour l'abstraction chromatique ou pour la déconstruction du support et de la surface. Une aventure passionnante. Mais aujourd'hui, la peinture a fait le tour de son jardin et exploré toutes ses options stylistiques. Le temps n'est plus, comme disait Godard, de regarder les poils du pinceau plutôt que la pomme. Le monde actuel n'est pas obsolète. Il nous défie. Et ce n'est donc plus la peinture que la peinture doit explorer et interroger. C'est le monde actuel en mutation accélérée que la peinture doit questionner. Le monde est redevenu plus important que la peinture, parce qu'il nous interpelle, nous désarçonne, et que nous ne comprenons plus ce qu'il nous dit. La peinture contemporaine n'a d'autre choix que de atiquer le questionnement critique pour lequel j'avais opté avec l'art sociologique. L'éthique est devenue beaucoup plus importante que l'esthétique, l'interrogation philosophique que les effets rétiniens.
Et la peinture est, à cet égard, un média beaucoup plus puissant que la technologie numérique.

lundi 8 avril 2013

Rencontre avec Giovanni Lista



Le seul article qui ait, à ma connaissance, été publié en France sur ce livre de 2010* est signé de Giovanni Lista, une figure historique de la critique d'art, que j'ai toujours lu avec le plus grand intérêt. On vient de m'en remettre une photocopie et je ne sais ni le nom de la revue, ni la date de la publication.
En voici la teneur :
"L'auteur est l'un des rares artistes intellectuels toujours capables de réfléchir de manière indépendante, vertu de plus en plus rare dans la grisaille du monde contemporain. Il nous livre cette fois-ci ses réflexions sur l'avenir de l'art, un thème explicitement traité dès le début du XXe siècle au moins par la plupart des artistes qui ont été les fondateurs mêmes de l'art moderne. Les questions posées vont de l'art post-moderne à l'art numérique, ou du retour de la peinture au rapport entre art et religion, alternant observations très aiguës et pages moins incisives, comme il arrive souvent quand on tente de définir la nature du progrès en art. Le post-modernisme a aboli toute conception linéaire et hégélienne de l'histoire comme progrès continu, mais cela ne signifie pas forcément que la notion de progrès n'a pas de sens dans le domaine esthétique. L'art est toujours, de par sa forme, une modélisation idéologique. Lorsque le vers libre émancipe le poète de la norme métrique, ou lorsque la mise en perspective remplace l'espace à deux dimensions de la peinture romane, c'est l'homme lui-même qui progresse vers sa propre liberté, voire vers le pouvoir accru de ses propres moyens de connaissance ou vers sa plus grande maîtrise du réel. L'auteur explore les enjeux de la dématérialisation de l'art, souligne la perte du sensoriel entraîné par l'art numérique, s'interroge sur la primauté de l'image dans le cinéma, en cherchant à trouver une orientation vers le futur dans la tour de Babel de l'art contemporain. Revenant è ses anciennes amours, l'auteur prophétise: les arts du XXIe siècle seront de plus en plus sociocritiques. Il termine ainsi par un appel à rallumer les lumières que l'on ne peut que partager tout en sachant jusqu'où il est dérisoire dans le monde déréglé, aléatoire et irréversible où nous sommes embarqués. Il reste cependant le travail de la réflexion, l'effort entêté pour comprendre ce qui se passe, la valeur des idées qui témoignent d'une conscience en éveil. En ce sens, le livre est une bouffée d'air frais par son anticonformisme et par la sincérité de son approche qui permet une initiation originale à la situation actuelle du monde de l'art."
Je n'ai malheureusement pas les coordonnées de Giovanni Lista, mais je lui propose, s'il a un jour connaissance de ce blogue, de nous rencontrer à Paris pour un débat public sur ces grands enjeux, dans lesquels nous sommes tous deux impliqués. Compte tenu de son expertise sur le futurisme, Dada, et les grands courants de l'art moderne de façon générale, cela sera une rencontre passionnante dans le contexte flottant de l'art actuel.
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* L'avenir de l'art a fait l'objet de deux réimpression depuis sa publication.

mardi 12 mars 2013

Le drapeau de l'imaginaire


                     Le drapeau de l'imaginaire, 2013, peinture acrylique sur toile

Une peinture qui reprend le thème d'une tweet image dessinée pour diffusion sur twitter en 2012. J'ai commencé à donner une suite au tweet art en peinture acrylique sur toile. Dans ces variations, le grand format de la toile permet d'enrichir les thèmes évoqués, voire de les approfondir sensiblement.

lundi 11 mars 2013

Hommage à Gutenberg

 
                      Hommage à Gutenberg, 2013, peinture acrylique sur toile

L'âge du numérique, c'est le triomphe de Gutenberg, l'inventeur du caractère mobile. L'internet diffuse non seulement les textes, mais aussi les images et les sons avec un simple alphabet binaire.

samedi 9 mars 2013

Autoportrait QR

 

 Autoportrait de l'artiste à l'oiseau, 2013, peinture acrylique sur toile, 132x180cm

Dialogue numérique avec mon lovebird.

jeudi 21 février 2013

Fauvisme digital


                   peinture acrylique sur toile, 2013, 130x182cm

Les couleurs du marchand de glaces - et des fichiers numériques. Manger les couleurs.

samedi 19 janvier 2013

L'argent


L'argent, 2000, peinture acrylique sur toile, 91x122 cm


Première exposition, MNBA, Buenos Aires, 2003.  Ces variations boursières du NASDAQ, prises dans le Wall Street newspaper, peintes  en même temps que Le monde comme il va, traite du paysage financier, qui est devenu notre nouvelle nature. Les couleurs, subjectivement choisies, expriment cette sensibilité financière à laquelle nous sommes tous inévitablement soumis, dans une esthétique quantitative. Elles renforcent aussi la métaphore du paysage de montagne qui traduit les hauts et les bas de ces variations.

mercredi 2 janvier 2013

Le mythe/art


Art is Myth, Myth is Artmême création divinatoire, même pratique fabulatoire de l’humanité en quête d’elle-même. Qu’il s’agisse de la célébration des mythes fondateurs d’une société, de dieux, de l'homme, de la nature,  de réalisme, abstraction, cubisme, suprématisme, constructivisme, surréalisme, nécessité intérieure ou magie numérique, qu'il s'exerce dans l'architecture, le théâtre, la musique, la littérature, la philosophie, la danse, la performance ou la peinture, l’art toujours invoque le mythe suprême de la création divine ou en décline les grands récits humains qui assurent l’incarner. Et lorsqu’il s’interroge lui-même et la société qui le célèbre, l’art sociologique devient mythanalytique. 
Le mythe/art n'est pas une nouveauté. Il plonge le regard dans l'archéologie du présent autant que du futur, et j'en ai parlé dès 1979 lors d'une performance au Centre Pompidou où j'annonçais que "l'Histoire de l'art est terminée".