mercredi 14 août 2013

Disparition de Serge Goudin-Thébia


LA MOSAÏQUE EPARPILLÉE, PUIS RECOMPOSÉE
Fernand Tiburce FORTUNE
vendredi 26 juillet 2013 
 
la rédaction de Montray Kreyol 
Quelques œuvres à retrouver sur le site:  http://yaelkan.livegalerie.com/  

"L’itinerrance",(comme il se plait à nommer son parcours) de Serge Goudin-Thébia, est en elle-même merveilleuse, au sens où l’entend Alejo Carpentier et en regard de la définition magistrale que donne Jacques Stephen Alexis de la notion de réel-merveilleux.
En effet, la vie de Serge Goudin-Thébia s’inscrit profondément à la fois dans une réalité difficile, complexe et dans une féérie étonnante. Mais ce n’est pas un conte de fées. Une histoire fantastique plutôt, caractérisée par une juxtaposition ou un enchaînement de faits extraordinaires, sans logique apparente, sans liens évidents, révélés dans une imbrication de champs multiples et divers, dans un croisement de hasards, dans une succession incroyable de carrefours décisifs. Et, par une magie inexplicable, toutes les lignes parallèles vont se rejoindre, puis se confondre dans des bonheurs inattendus, ou se conjuguer pour conjurer au mieux le mauvais sort. Mais, si Serge Goudin-Thébia est la somme vivante de destins croisés où l’événement est davantage subi, il est aussi celui qui saisit les opportunités, qui colle à la réalité, qui maîtrise ses choix, qui tisse les fils directeurs au quotidien, et ce, de la façon la plus logique, la plus rationnelle, la plus déterminée qui soit.
Et, c’est en cela que son parcours et son œuvre s’inscrivent dans un réel-merveilleux, dans une américanité et une caribéanité, longtemps vécues dans l’inconscient, puis découvertes dans un éblouissement où la poésie fut un fil d’ariane, et les couleurs bleu et noir, la lumière et la musique. Serge Goudin-Thébia est né le 23 Août à Agen, Lot et Garonne (France). Il est d’abord un homme déchiré qui devine, puis voit de plus en plus clairement devant lui les pièces noires et blanches d’une belle mosaïque à rassembler. Métis (donc déjà à un carrefour), il est élevé seul par sa mère catalane, son père originaire de la Guyane s’en est allé alors qu’il avait quatre ans. Serge perçoit très tôt les cloisons et les plus subtiles distinctions de la vie et apprend ainsi à déchiffrer vite les regards, les mots et les silences.
Il sera un rebelle, l’homme des passages et des mutations. le rebelle intérieur d’abord qui va traquer en lui-même toutes les ambiguïtés, toutes les contradictions. Le rebelle politique et social dans son engagement contestataire à la fin des années soixante...
[Pour Serge] l’artiste doit, dans une analyse critique, se détourner de la pure approche technique ou technico-logique de l’académisme et se projeter tel qu’il est (un monde lui-même), dans son art. Faire bouger l’art et introduire la notion d’art sociologique. C’est-à-dire démystifier l’art et revoir les rituels. Donner à l’Art total (peinture, sculpture, photos, vidéo, gravure...) toute sa dimension d’échange, de relation avec l’autre, ré-ouvrir l’Art sur une fonction communication qui lui a été longtemps refusée ou confisquée...
Extrait (p 74-75) de" La voie du Fromager, ou l’art du dedans" de Fernand Tiburce FORTUNE
Fernand Tiburce FORTUNE Ancien Président du groupe FROMAGER



Je reprends cette note du site: http://www.montraykreyol.org/spip.php?article6527
A souligner: la référence à un art sociologique