samedi 12 novembre 2016

Regard croisé sur l'art et le numérique

                                      (photo de Laurence Honorat)

Entretien à la Fondation Ricard, Paris, le 25 octobre:

mardi 25 octobre 2016, à 19h autour du thème "Regard croisé sur l'art et le numérique".
À cette occasion, Michel Maffesoli reçoit Patrick Tacussel, professeur de sociologie à Montpellier, et Hervé Fischer, artiste et sociologue, Montréal, à débattre à l’occasion de la publication du livre de ce dernier : MARKET ART, édition François Bourin, sur l’évolution actuelle de l’art dans le devenir postmoderne de nos sociétés.
Le débat prendra exemple de la performance Alchimie sociologique postmoderne * qu’Hervé Fischer a présentée le 20 octobre à l’occasion de son exposition et du lancement de son livre MARKET ART, dans lequel il analyse l’évolution actuelle de l’art comme produit financier de spéculation: « Le phénomène est si caractéristique de notre époque, si mondial, qu’il n’y a plus de nouveau mouvement artistique qu’on puisse nommer, sinon, par défaut, ce market art, comme on parlait jadis de l’impressionnisme ou de l’art abstrait. »

Cela ne permet-il pas de (re) penser l’art au quotidien ? Comment faire de sa vie une œuvre d’art ?

Laurence Honorat a filmé ce débat et l'a mis sur YouTube: https://youtu.be/nBQLqc2lKYA

vendredi 11 novembre 2016

Alchimie postmoderne à la Galerie Parisienne (12)


La toile alchimique est signée par l'artiste et devient une oeuvre d'art. La captation vidéo de sa gestation collective catalysée par la chaleur humaine des échanges sera désormais affichée en diptyque au même format sur écran constituant l'oeuvre finale.

jeudi 27 octobre 2016

exposition MARKET ART à la Galerie Parisienne



La banque HERVÉ FISCHER bat monnaie: un produit financier comparé à l'évolution de la valeur en bourse de Boeing et d'Airbus. En référence l'évolution du NASDAQ en 20000.

mardi 25 octobre 2016

La monnaie artistique


La monnaie artistique et le manuel d'instruction alchimique à la Galerie Parisienne

dimanche 23 octobre 2016

Un produit financier



   La valeur indiquée sur le tableau est la valeur de référence de la première vente, ineffaçable dans l'historique de l'évolution spéculative du produit financier.

samedi 22 octobre 2016

Eric Valz: L'art est une marchandise


L’ART EST UNE MARCHANDISE

Hervé Fischer investit la Galerie Parisienne le temps d’une performance et d’une exposition au cœur du calendrier de la Fiac, quelques mois avant une rétrospective de son œuvre programmée au Centre Pompidou. Quarante ans après son apparition, l’art sociologique n’a rien perdu de son impact.

Par Éric Valz
L’Art est une marchandise
À l’heure du procès Wildenstein, où l’on apprendra que les Fragonard, Cézanne, Degas, Monet ou Picasso accumulés depuis plus d’un siècle par une dynastie de marchands d’art n’ont d’autre utilité que d’être gagés en banque pour emprunter à taux réduit, l’argent étant ensuite placé avec un rendement supérieur, une exposition consacrée à Hervé Fischer, en plein cœur du calendrier de la Fiac, ne peut que réjouir les vrais amateurs d’art.

L’art en question
Intitulée « Market art, alchimie postmoderne – changer l’art en argent et vice-versa », l’exposition présente, entre autres, au premier étage de la galerie, une série de tableaux consacrés à l’économie. Sur chaque toile de la banque Hervé Fischer est peint un montant qui restera la valeur d’origine de chacune pour toute transaction à venir. Un pied de nez aux marchands du temple qui font grimper artificiellement la cote de leurs artistes ou qui entretiennent le fantasme du profit cash sur un nouveau Jean-Michel Basquiat. Un travail de très longue haleine, qui prend racine dans les seventies avec l’apparition de l’art sociologique, « pratique artistique remettant l’art en question en le référant à son contexte idéologique, socio-économique et politique, d’une part, et d’autre part en attirant l’attention sur ses canaux de communication, sur ses circuits de diffusion, sur leur éventuelle perturbation et subversion. » Les nouvelles cathédrales de l’art, les Fondations (Pinault, Louis Vuitton), apprécieront dans ses performances ses critiques des mécanismes dans l’art ou la mise en lumière du circuit du pouvoir et de l’argent.
tableau
Adulte mâle citoyen des villes
Car la sensibilité d’aujourd’hui, explique alors (en 1974) le Collectif Art sociologique (Hervé Fischer, Fred Forest et Jean-Paul Thénot), n’a plus pour trame le rapport de l’homme individualisé au monde mais celui de l’homme à la société qui le produit. Ce que Gilles Deleuze traduira par : « En Occident, l’étalon que suppose toute majorité, c’est : homme, adulte mâle citoyen des villes. »
Dans l’Hygiène de l’art de Fischer, le plastique devient modernité et s’ingère sous forme de pilules… Après avoir émigré au Québec et s’être immergé dans les technologies numériques, il s’autoproclame peintre primitif du numérique et dresse le portrait de l’ADN en langage binaire, sexualise les codes-barres.

Ovide au pinceau
Dans sa Métamorphose d’Euclide, il est un Ovide au pinceau, transformant sur toile les courbes de variations quantitatives en paysage Renaissance (mon œuvre préférée). De cette peinture à l’âge du numérique, il détournera encore l’imagerie scientifique – les drapeaux ne peuvent rien sans les trompettes – sur les données planétaires en planches anatomiques, voire en iris d’ozone qui nous questionnent du regard. Ou comment transformer la douleur d’un monde qui s’éteint en poésie pure « like a child’s dream from the rings of Saturn », chante Nick Cave après la mort de son fils.
Cela vaut bien une déflagration, un coup de fusil à la Niki de Saint-Phalle, écho de cette lointaine époque du Nouveau Réalisme dont l’odeur de poudre nous fait encore relever le nez. Aujourd’hui artiste alchimiste, Fischer écrit : « Ce que nous attendons de l’art, c’est qu’il exalte l’imaginaire de l’épopée humaine […] dans ses excès comme dans son ordinaire et ses aliénations. »

fisherMarket art, alchimie postmoderne – changer l’art en argent et vice-versa
Hervé Fischer.
Galerie Parisienne, 26, rue de Seine, 75006 Paris.
Du 20 au 29 octobre 2016.

Alchimie postmoderne


Changer l'art en argent et vice versa ; Une alchimie qui est devenue toxique, alors que l'art est utilisé comme un produit financier de spéculation parmi d'autres.

vendredi 21 octobre 2016

                             


COMMUNIQUÉ DE PRESSE
HERVÉ FISCHER
21 au 29 octobre 2016
vernissage le 20 octobre 2016
market art alchimie postmoderne
En plein coeur du calendrier de la Fiac, du 21 au 29 octobre 2016 et précédant une exposition de son travail au Centre Georges Pompidou prévue en 2017, Hervé Fischer, qui se présente souvent lui-même comme un peintre « primitif » du monde numérique, investit la Galerie Parisienne le temps d’une performance et d’une exposition qui poursuivent et actualisent une série d’oeuvres commencée dans les années 70 : « Market art, alchimie postmoderne — changer l’art en argent et vice versa ».
Voici en quelques mots le scénario de l’éphémère transmutation de cette « économie imaginaire » :
« L’artiste-alchimiste revêt sa blouse blanche et rappelle aux participants l’importance des rituels et des invocations. (…) Avec des craies de pigments à l’huile, l’alchimiste trace successivement chacun des mots prononcés sur une toile vierge. Au fur et à mesure de leur transcription, la toile s’emplit d’écritures bigarrées jusqu’à saturation. La transmutation s’opère donc collectivement, dans la chaleur des échanges. La performance est terminée lorsque la toile est recouverte par le mélange des pigments huilés évoquant un instantané de la société. Comme un précipité sociologique, la peinture se transforme alors en art, que l’alchimiste signera rituellement de sa main pour garantir sa valeur financière. »
LA
GALERIE
PARISIENNE
26, rue de Seine 75006 Paris
téléphone
+33(0)6.03.36.09.06
courriel
lagalerieparisienne@gmail.com
Tandis qu’au premier étage de la galerie est présentée la série de tableaux
consacrés à l’économie. Sur chaque toile de la Banque Fischer est peint un
montant, qui varie mais qui restera la valeur d’origine de chacune pour
toute transaction à venir.
« Ces toiles évoquent l’importance cruciale dans nos sociétés actuelles de
l’économie et des finances, que l’art devrait explorer aujourd’hui avec la
même attention qu’il consacra jadis au paysage ou au nu ».
Dans l’ « OEuvre au noir » de Marguerite Yourcenar, l’alchimiste et
humaniste Zénon Ligre symbolise l’homme qui cherche mais ne peut
taire la vérité au milieu de ses contemporains dont seuls certains le
comprennent.
« La formule «L’OEuvre au noir» », telle que l’explique elle-même Yourcenar,
« désigne dans les traités alchimiques la phase de séparation et de
dissolution de la substance qui était, dit-on, la part la plus difficile
du Grand OEuvre. On discute encore si cette expression s’appliquait
à d’audacieuses expériences sur la matière elle-même ou s’entendait
symboliquement des épreuves de l’esprit se libérant des routines et des
préjugés. Sans doute a-t-elle signifié tour à tour ou à la fois l’un et l’autre. »
On retrouve, plus ou moins, trois phases « colorées » chez l’ensemble des
alchimistes, noir, blanc et rouge. Pantheus en distingue quatre, dans son
Voarchadumia contra alchimiam (1530) : corruption - génération -
augmentation - fixation.
Des termes qui ne sont pas loin d’évoquer le marché de l’art et ses dérives
spéculatives, mais également l’idée d’une destruction créative que l’on
retrouve dans l’art.
L’oeuvre d’Hervé Fischer pose les questions suivantes, avec leurs
paradoxes : « Le market art épouse l’actualité mythique, celle du
capitalisme financier. Il était hier religieux, il est aujourd’hui financier,
hier aliénant et toxique, aujourd’hui dominateur. Faut-il s’y résigner ?
Certainement pas. » Pour autant « le capitalisme ne mérite pas d’être
démonisé pour l’hommage qu’il rend à l’art. » « L’économie impose-t-elle
une nouvelle problématique artistique ? »
L’alchimie postmoderne selon laquelle Hervé Fischer propose aux
intéressés de transformer de l’argent en art trouve un espace propice
à la Galerie Parisienne, qui fait aussi commerce de bijoux anciens d’or
et est équipée d’un sas de sécurité comme le serait une banque. Les billets
d’alchimie financière sont donc exposés dans les conditions de confiance
et de protection requis par ce genre de transaction.
En regard du passé comme de l’avenir l’artiste alchimiste insiste sur
l’essentiel: « Ce que nous attendons de l’art, c’est qu’il exalte
l’imaginaire de l’épopée humaine dans ses ambitions comme
dans ses modesties, dans ses excès comme dans son ordinaire et ses
aliénations. »
Les extraits cités dans ce communiqué sont tirés du livre «Market Art»
d’Hervé Fischer aux éditions François Bourin dont cette exposition sera
l’occasion de célébrer la sortie.
LA
GALERIE
PARISIENNE

jeudi 20 octobre 2016

MARKET ART à la Banque HERVÉ FISCHER


La Banque Hervé Fischer s'est installée à la Galerie Parisienne, 26, rue de Seine, le 20 octobre 2016, au cœur de la FIAC.

mercredi 19 octobre 2016

La Banque HERVÉ FISCHER


A partir du 20 octobre à la Galerie parisienne, 26 rue de Seine, Paris

mardi 18 octobre 2016

Lancement du livre MARKET ART



Aux éditions François Bourin, octobre 2016
Le parfait petit manuel d'alchimie postmoderne pour changer l'art en argent et vice versa.

Une nouvelle banque à Paris, spécialisée dans la spéculation artistique


samedi 15 octobre 2016

Conférence à la Fondation Ricard, Paris

Mesdames, Messieurs,

la prochaine rencontre des Invitations à l'imaginaire aura lieu mardi 25 octobre 2016, à 19h autour du thème "Regard croisé sur l'art et le numérique".

À cette occasion, Michel Maffesoli reçoit Patrick Tacussel, professeur de sociologie à Montpellier, et Hervé Fischer, artiste et sociologue, Montréal, à débattre à l'occasion de la publication du livre de ce dernier : _MARKET ART_, édition François Bourin, sur l'évolution actuelle de l'art dans le devenir postmoderne de nos sociétés.

Le débat prendra exemple de la performance _Alchimie sociologique postmoderne_ * qu'Hervé Fischer présentera le 20 octobre à l'occasion de son exposition et du lancement de son livre MARKET ART, dans lequel il analyse l'évolution actuelle de l'art comme produit financier de
spéculation: « Le phénomène est si caractéristique de notre époque, si mondial, qu'il n'y a plus de nouveau mouvement artistique qu'on puisse nommer, sinon, par défaut, ce market art, comme on parlait jadis de l'impressionnisme ou de l'art abstrait. » Cela ne permet-il pas de (re) penser l'art au quotidien ? Comment faire de sa vie une œuvre d'art ?

MARDI 25 OCTOBRE 2016, À 19H, ENTRÉE LIBRE

Fondation d'entreprise Ricard
12 rue Boissy d'Anglas,
Paris 75008, 1er étage

Métro : Concorde ou Madeleine

jeudi 10 mars 2016

Nouvelle Nature

signalisation imaginaire, La calle Adonde llega? Bosque de Chapultepec, Mexico, 1983

J’écrivais en mai 1984 à propos de cette «nature sociologique et numérique», revenant de Mexico vers Paris :
« Attaché à une case numérotée d’un Boeing 747 qui vient de décoller du milieu d’une ville de dix-sept millions d’habitants du tiers-monde et qui fonce vers les pays riches, j’ai les yeux fixés sur les signaux. Sur l’électron terrestre d’un système solaire infiniment petit, à la périphérie d’une galaxie mortelle parmi des milliards d’autres, dans un cosmos indéfini, je ne suis qu’un individu anonyme dans une masse sociale qui pulse confusément. Il n’y a plus ni centre ni sens. Avec l’avènement de l’idéologie dominante de classe moyenne, l’image du monde, sa structure, son système de valeurs, son esthétique, ses codes stylistiques ont changé de même que la conscience de mon rapport individuel à l’ensemble social. L’ancienne domination de la nature sur la culture semble s’inverser désormais dans le nouvel équilibre écotechnologique, en faveur de la logique sociale. Plus que jamais, notre rapport à la nature devient sociologique, générant l’invention de la mythanalyse, qui identifie la gestation mythique de «l’origine du monde» avec le processus de la socialisation, de la naissance à la mort de chaque individu.

Il faut dénoncer la Grande Époque Kitsch du post-modernisme, dont la « transavantgarde» réactionnaire instituée par la nouvelle classe moyenne me rappelle le néoclassicisme rétrograde de la nouvelle bourgeoisie installée au pouvoir après 1789, ou l’instauration du réalisme socialiste contre l’art expérimental après la révolution soviétique. La conscience sociologique permet de résister au kitsch de la classe moyenne, comme nous avons démystifié l’avantgardisme de l’idéologie bourgeoise précédente. Ce n’est qu’un confort mou. Surchargé de symboles stylistiques du pouvoir nouveau-riche, sans conscience des enjeux fondamentaux des nouvelles technologies qui changent le monde. L’esthétique réelle de notre techno-nature contemporaine se simplifie en un système de pictogrammes et de couleurs primaires, dont témoignent déjà la signalétique urbaine, la bande dessinée et l’image électronique, nouvelles icônes de notre civilisation urbaine. Autrefois spatialiste (Éternité, perspective, profondeur, Histoire), l’esthétique contemporaine s’inscrit aujourd’hui sous le signe du temps éphémère, dont les scintillements cathodiques nous invitent à la jouissance et à la consommation immédiate dans un monde fasciné par la mort. L’esthétique de l’espace s’efface dans l’accélération du temps, du changement et donc de la simplification graphique et chromatique de la nouvelle techno-nature. L’esthétique contemporaine est devenue signalétique et brutaliste. Elle s’inscrit dans la consommation collective qu’exige la classe moyenne, dans la communication événementielle et urbaine, mais pour l’interroger sur ses défis contemporains, qui ne sont certainement plus les Beaux-Arts, mais la créativité des nouvelles technologies électroniques et de la science, dans un cosmos sociologisé.» (in L’Art vivant, mai 1984).

Je ne changerais aujourd’hui que quelques mots de ce constat, évoquant notamment l’idéologie de masse, plutôt que de classe moyenne. Mais le bouleversement s’est confirmé totalement. La nouvelle nature est devenue sociologique et numérique. C’est cela qui constitue la clé de la compréhension de notre époque en ce début de 2e millénaire. Mais je ne parle pas ici de la sociologie commerciale des sondages d’opinion et des comportements de consommateurs. Je ne parle pas de cette sociologie de marketing qui s’est imposée aujord’hui et a relégué dans les oubliettes la sociologie des fondateurs, Durkheim, Mauss, Weber, Aron, ou Foucault. Ce n’est pas que cette sociologie ait perdu sa raison d’être, bien au contraire : dans les bouleversements sociaux que nous vivons, nous en avons besoin plus que jamais pour comprendre où et quand nous sommes. Mais les contrats de marketing ont acheté les esprits et la sociologie s’est délitée dans les sondages immédiats sur les consommateurs et les électeurs : ce qui rapporte de l’argent et du pouvoir. 

dimanche 28 février 2016

NUAGES

fragments de sens

regarder, ressentir, exprimer

http://fragmentsdesens.com/2015/11/





Mois: novembre 2015

La tête dans les nuages / #2


Nuages Hervé Fischer (né en 1941), artiste et écrivain, Paris, Centre Pompidou - Musée national d'art moderne

Nuages, Hervé Fischer (né en 1941), artiste et écrivain,
Paris, Centre Pompidou – Musée national d’art moderne.

À de rares exceptions près, il faudra attendre la Renaissance avant d’avoir 
une représentation figurée systématique des nuages dans la peinture occidentale. 
Les nuages ont leur versant chrétien et leur versant antique. Loin d’être des objets 
de représentation […](*)
---------------------------

(*) Ce panneau de signalisation vient d'une intervention d'art sociologique à Lyon 
en 1983, avec 50 panneaux de signalisation et une trentaine d'affiches dont les 
panneaux de papier étaient collés dans le désordre. 








jeudi 25 février 2016

Gérard Fromanger au Centre Pompidou



Gérard Fromanger a exploré systématiquement cette idée, depuis mai 1968 : «sous les pavés, non pas la plage, mais les couleurs». Il colore la vie urbaine quotidienne et ses passants comme on colorait les temples et les statues dans la Grèce antique, mais en aplats saturés juxtaposés, comme une surimage qui recouvre partiellement l'ancienne en couleurs grises, ou en camaïeu bleu froid, sans parvenir à s'y substituer.  Son tableau de 1975 intitulé « Florence, rue d’Orchampt », dans la série « Splendeurs I », constitue une sorte de manifeste de cette célébration de l’imaginaire et de la liberté que symbolisent les couleurs surgissant de la grisaille ordinaire ou en superposition du regard ordinaire conditionné et soumis que nous en avons. «Dans ce tableau, le personnage demeure en noir et blanc comme les murs qui l’entourent, et c’est la chaussée qui s’illumine. Sous les pavés, non pas la plage, mais la couleur. » (Catalogue de l’exposition Gérard Fromanger, Centre Pompidou, février 2016). Cette chromatisation de l’image de la vie sociale, en couleurs qui apparaissent multicolores en juxtaposition foisonnante et désorganisée,  c’est donc la révolte qui anime Fromager contre l’ordre établi, une sorte de rage situationniste où le rouge révolutionnaire se répand, coulant de tous les drapeaux nationaux sur les scènes de la vie ordinaire qui demeure presque toujours présente et qui tend même souvent à imposer aux couleurs vives une sourdine réductrice. Il y a dans ces peintures une tension, une lutte dialectique entre la grisaille et l’explosion chromatique, qui exprime cet engagement politique contestataire, souffrant, de Fromanger contre l’aliénation politique et capitaliste que subissent ses contemporains. Une rage sourde qui transparaît constamment de sa palette. Ses compositions demeurent donc fractionnées, cloisonnées, prises dans entrelacement de structures linéaires embrouillées qui bloquent la dynamique révolutionnaire comme un filet policier.Il y a beaucoup de douleur contenue dans les œuvres de Fromanger. Du point de vue sociologique, nous sommes en présence d’une démarche de transition entre l’ancien et le nouveau monde, dont la dynamique demeure triste malgré sa puissance chromatique provocatrice. Mai 68 n'a été qu'une tentative inachevée. Cette colorisation du monde n’est encore qu’un prélude au fauvisme digital euphorisant qui envahira bientôt notre société de consommation dans une gamme de couleurs crème glacée. 

dimanche 14 février 2016

Algorithme plastique

Tweet philosophie : je suis un algorithme, 2016


Quick Response : scan it!
I am an algorithm.
Soy un algoritmo.
Ich bin ein Algorithmus.
Sou um algoritmo.
Sono um algoritmo.
Ik been een algoritme.
Jestem algorytm.
Я  алгоритм.

vendredi 5 février 2016

mercredi 3 février 2016

Le damier Quick Response

Tweet Art: Jouer sa liberté sur le damier Quick Response

lundi 1 février 2016

Daesh et la société de consommation



Tweet Art : le terrorisme QR, 2016
 
Quick Response: scan it and decide :


Le fatalisme de Daesh ? Ou le Progrès humain ?
Daesh’s Fatalism? Or the human Progress?
Der Fatalismus von Daesh?
Oder der menschliche Fortschritt?
El fatalismo de Daesh? O el Progreso humano?
O fatalismo de Daesh? Ou o Progresso humano?
Il fatalismo di Daesh? O il Progresso umano?

dimanche 31 janvier 2016

Fatalisme ou Liberté?

Tweet Art : Fatalisme ou liberté?


Les codes Quick Response ne sont pas une fatalité. Plutôt des damiers, comme ceux d'échec, dont la contrainte appelle au jeu pour gagner.

samedi 30 janvier 2016

Peindre est une activité urbaine


Tweet Art, 2016


Je n'aime pas peindre à la campagne. Je n'y ai pas d'atelier, car c'est alors la nature qui m'habite. La peinture n'est pas de force à entrer en compétition avec elle. Pour moi, l'art est une activité urbaine. En ville, je peins la nouvelle nature, aussi intense que l'ancienne de lumière, de terre, de roches, d'eau, de faune et de flore, mais qui est langage numérique affiché en fausses couleurs.

lundi 25 janvier 2016

Tweet philosophie: la conscience augmentée




Tweet philosophie: Conscience augmentée 1 et 2, 2015


Quick Response: scann it.


Beaucoup plus importante que la “réalité augmentée“, une CONSCIENCE AUGMENTÉE émerge en temps réel de la multiplication des hyperliens sur les réseaux sociaux.


Much more important than “augmented reality“ AUGMENTED CONSCIOUSNESS emerges in real time from the multiple hyperlinks of social media.

Mucho mas importante que la “realidad aumentada“ una CONSCIENCIA AUMENTADA surge en tiempo real por los numerosos hyperlinks  de los medias sociales.

Wichtiger als die “Augmented Reality” ist das ERWEITERTE BEWUSSTSEIN, das aus den zahlreichen Hyperlinks der sozialen Medien in Echtzeit auftaucht.


强现实小于 认识提高


lundi 18 janvier 2016

L'artiste et la mort

                                               
                                                                 Tweet art, La mort, 2014


Sans la mort, il n'y aurait pas d'artistes. La mort est leur obsession. En célébrant le mythe de la création ils défient la mort dans leur oeuvre, qui leur survivra.
La mort est-elle effrayante? Les artistes sont-ils tous morbides? Aucunement. La mort est l'envers de la médaille qu'implique notre célébration de la vie. 
Nous devons admettre tout d'abord que la mort sert l'évolution, du moins du point de vue biologique, en certains de ses aspects les plus déterminants. Les forêts ont incontestablement besoin de se renouveler pour se régénérer.
Sans la mort, nous devrions aussi échapper au vieillissement, qui aboutit à une dégénérescence des individus qui serait bien pire que la mort. J'imagine mal la qualité de vie d'un de mes aïeux qui serait âgé de 2000 ans.
Et nous devrions parler d'éternité de la vie, ce qui serait un scénario à repenser, ou plutôt à inventer totalement. Nous ne pourrions plus tuer, ni nos ennemis dans les guerres, ni les animaux et les végétaux que nous mangeons. Nos propres cellules ne mourraient pas constamment, ce qui impliquerait qu'elles ne vieillissent pas non plus, car dans l'état actuel elles meurent et se renouvellent constamment. Nous avons la plus grande difficulté à envisager et encore plus à analyser toutes les implications de telles hypothèses. Le Christ ne serait pas mort, mais les rois et les dictateurs deviendraient eux aussi éternels. En d'autres termes, le temps n'existerait pas. La reproduction, les naissances seraient elles encore possible? Disons: oui, au début de la création, jusqu'à ce que l'espace, qui, lui, n'est pas infini sur Terre, soit saturé.
N'étant plus dans une perspective évolutionniste, telle que Darwin l'a conçue, nous nous retrouverions en plein créationnisme. Un jour Dieu aurait créé tous les êtres vivants, définitivement et en nombre limité calculé selon sa sagesse. Nous serions toujours entre nous, dans un monde fixiste. Serait-ce le paradis? Même schéma, mais incluant le mal, donc difficile à imaginer. Impossible à penser.
Pour éviter cette impasse du raisonnement, il faudrait donc que nous combinons avec une liberté plus que fantaisiste les lois de l'évolution et l'absence de la mort. Nous coexisterions donc avec les dinosaures. Et beaucoup d'entre nous serions encore des primates vivant dans les arbres, tandis que ceux récemment nés circuleraient en voiture dans nos villes. Étrange scénario de coexistence!
Nous laisserons aux humoristes plus talentueux que nous le plaisir d'imaginer cet étrange état de nature aussi contradictoire que le monde d'Alice au pays des merveilles. Laissons donc de côté ce questionnement d'ordre biologique trop contradictoire pour notre raisonnement et prenons une hypothèse simplifiée.
Imaginons qu'un homme ait le privilège extraordinaire de ne jamais mourir et qu'il en soit conscient. Ajoutons, pour ne pas le faire trop souffrir éternellement, qu'à l'âge de 40 ans, en pleine santé et possession de ses moyens, il cesse de vieillir. Il pourrait certes imaginer un destin singulier, celui de témoin, de mémoire vivante, de grand sage que tous les hommes viendraient consulter, ou de "fou du roi", rappelant aux hommes tous leurs malheurs passés pour qu'ils évitent le pire. Mais comme nous ne lui donnerons pas un pouvoir de prescience, il serait constamment dans un choc du futur" qui l'obligerait à se réadapter sans cesse à tous les changements de vie que nous inventons.
On peut se demander si cette désadaptation chronique ne deviendrait pas lourde à vivre. Imaginons donc que son esprit demeure constamment jeune et branché sur l'actualité, sans qu'il perde la mémoire : il vivrait dans une schizophrénie permanente, écartelé entre diverses personnalités liées aux époques successives qu'il aurait connues et qui deviendraient vite contradictoires. Ce scénario rencontre lui aussi tant de paradoxes et d'incongruités qu'il est difficile à poursuivre.
Imaginons alors que je sois cet homme, et que je sache que je ne mourrai jamais, tout en gardant une bonne santé, une bonne mobilité et toutes mes capacités cérébrales. Imaginons donc que je devienne un vieil homme avec le corps d'un jeune. Comment penserais-je ma vie?
Sans doute prendrais-je paradoxalement davantage le temps de vivre, n'étant plus pressé d'accomplir mes projets, de voir mes amis, de visiter un pays, un musée, de lire un livre, d'aller me baigner, puisque j'aurais "tout mon temps". Peut-être n'aurais-je plus l'énergie qui m'anime actuellement, alors que je sais que le temps m'est compté. Est-ce que je m'ennuierai? C'est possible, mais cela ne me ressemble pas. Je demeurerais donc excité par la réalisation de tous mes projets de livres, de peintures, de rencontres, de voyages. Mais il me semble que je n'aurais plus d'angoisse et que je deviendrais un simple jouisseur de la vie, avec le seul souci constant de gagner ma vie ou de m'assurer une retraite financière éternellement suffisante pour pourvoir à mon existence.
Je n'aurais plus ce besoin impérieux, incessant, qui m'anime dans ma condition humaine réelle, de donner un sens à ma vie, qui me permette de mourir sans regret, sans frustration le jour venu.
Et si nous étions tous dans ce même état de ne plus avoir peur de la mort qui ne nous atteindrait plus, nous n'aurions plus, aucun d'entre nous, ce besoin impérieux de nous surpasser constamment pour légitimer le privilège de la vie dont nous jouissons et pour survivre à notre mort dans la mémoire collective des hommes.
Devrais-je conclure que c'est la mort qui nous oblige à donner un sens à notre vie? Cela ne fait aucun doute. Et c'est en ce sens que la mort sert à quelque chose. A quelque chose de majeur, qui est la grandeur de l'homme, ce par quoi il dépasse son état de nature, il diverge de l'animalité qui était son sort originel. 
La mort est la faiblesse de notre corps. Mais c'est sa fatalité qui crée la volonté de notre esprit de surmonter notre condition physiologique. La mort est un processus naturel. Mais la conscience que nous en avons tout au long de notre vie, l'angoisse qu'elle suscite en nous et donc la volonté que nous avons de la vaincre, voilà ce qui fait de nous une exception dans la nature.  Du moins chez ceux qui sont assez fous pour y penser sans cesse plutôt que de jouir sagement et humblement de la vie quotidienne, sans autre ambition que d'en maintenir la jouissance le plus longtemps possible. Ces fous-là demeurent très marginaux, au moins dans leur volonté d'assumer pleinement cette divergence de l'esprit par rapport au corps.
Cette victoire sur la fatalité de la mort, ardemment recherchée, n'est pas un caprice personnel, une affaire d'égo, fusse-t-il celui, mégalomane, d'un artiste comme le prétend Ben Vautier - cela demeurerait terriblement médiocre -, mais une victoire partagée avec une grande communauté d'hommes et de femmes qui ont contribué dans tous les domaines magnifiquement à l'histoire de l'humanité et qui m'ont fait ce que je suis.
Certes nous sommes en présence d'un mythe, celui de la victoire de la vie sur la mort, de la vie "éternelle", que nous promettent les religions, mais incarnée dans le mythe de l'Homme. Je ne crois pas en Dieu, mais je crois en l'Homme. C'est le mythe porteur d'espoir que j'ai évoqué dans le livre que j'ai intitulé "Nous serons des dieux".
Car cette victoire individuelle est partagée avec d'autres, qui y ont aspiré avec toute leur volonté.
Cette victoire est celle qui me laisse espérer que le jour de ma mort ne sera pas misérable, mais que ce sera le plus grand jour de ma vie, celui qui scellera ma certitude de survie dans la mémoire des hommes. J'éprouverai alors ce que j'appellerai "la joie de la vie plus forte que la mort". Une mort joyeuse.

vendredi 15 janvier 2016

Tweet art: hyperhumanisme - scan it!

                                           Tweet philosophie: Hyperhumanisme, 2015



Quick Response : scan it.

Hyper pour hyperliens qui créent plus d’humanisme.

Hyper from hyperlinks creating more humanism.

Hyper de hyperlinks creando más humanismo.

Hyper von Hyperlinks, die mehr Humanismus schaffen.

Hyper de hyperlinks criando mais humanismo.

Hyper di hyperlink creando  più umanesimo.


更人性化.