dimanche 31 janvier 2016

Fatalisme ou Liberté?

Tweet Art : Fatalisme ou liberté?


Les codes Quick Response ne sont pas une fatalité. Plutôt des damiers, comme ceux d'échec, dont la contrainte appelle au jeu pour gagner.

samedi 30 janvier 2016

Peindre est une activité urbaine


Tweet Art, 2016


Je n'aime pas peindre à la campagne. Je n'y ai pas d'atelier, car c'est alors la nature qui m'habite. La peinture n'est pas de force à entrer en compétition avec elle. Pour moi, l'art est une activité urbaine. En ville, je peins la nouvelle nature, aussi intense que l'ancienne de lumière, de terre, de roches, d'eau, de faune et de flore, mais qui est langage numérique affiché en fausses couleurs.

lundi 25 janvier 2016

Tweet philosophie: la conscience augmentée




Tweet philosophie: Conscience augmentée 1 et 2, 2015


Quick Response: scann it.


Beaucoup plus importante que la “réalité augmentée“, une CONSCIENCE AUGMENTÉE émerge en temps réel de la multiplication des hyperliens sur les réseaux sociaux.


Much more important than “augmented reality“ AUGMENTED CONSCIOUSNESS emerges in real time from the multiple hyperlinks of social media.

Mucho mas importante que la “realidad aumentada“ una CONSCIENCIA AUMENTADA surge en tiempo real por los numerosos hyperlinks  de los medias sociales.

Wichtiger als die “Augmented Reality” ist das ERWEITERTE BEWUSSTSEIN, das aus den zahlreichen Hyperlinks der sozialen Medien in Echtzeit auftaucht.


强现实小于 认识提高


lundi 18 janvier 2016

L'artiste et la mort

                                               
                                                                 Tweet art, La mort, 2014


Sans la mort, il n'y aurait pas d'artistes. La mort est leur obsession. En célébrant le mythe de la création ils défient la mort dans leur oeuvre, qui leur survivra.
La mort est-elle effrayante? Les artistes sont-ils tous morbides? Aucunement. La mort est l'envers de la médaille qu'implique notre célébration de la vie. 
Nous devons admettre tout d'abord que la mort sert l'évolution, du moins du point de vue biologique, en certains de ses aspects les plus déterminants. Les forêts ont incontestablement besoin de se renouveler pour se régénérer.
Sans la mort, nous devrions aussi échapper au vieillissement, qui aboutit à une dégénérescence des individus qui serait bien pire que la mort. J'imagine mal la qualité de vie d'un de mes aïeux qui serait âgé de 2000 ans.
Et nous devrions parler d'éternité de la vie, ce qui serait un scénario à repenser, ou plutôt à inventer totalement. Nous ne pourrions plus tuer, ni nos ennemis dans les guerres, ni les animaux et les végétaux que nous mangeons. Nos propres cellules ne mourraient pas constamment, ce qui impliquerait qu'elles ne vieillissent pas non plus, car dans l'état actuel elles meurent et se renouvellent constamment. Nous avons la plus grande difficulté à envisager et encore plus à analyser toutes les implications de telles hypothèses. Le Christ ne serait pas mort, mais les rois et les dictateurs deviendraient eux aussi éternels. En d'autres termes, le temps n'existerait pas. La reproduction, les naissances seraient elles encore possible? Disons: oui, au début de la création, jusqu'à ce que l'espace, qui, lui, n'est pas infini sur Terre, soit saturé.
N'étant plus dans une perspective évolutionniste, telle que Darwin l'a conçue, nous nous retrouverions en plein créationnisme. Un jour Dieu aurait créé tous les êtres vivants, définitivement et en nombre limité calculé selon sa sagesse. Nous serions toujours entre nous, dans un monde fixiste. Serait-ce le paradis? Même schéma, mais incluant le mal, donc difficile à imaginer. Impossible à penser.
Pour éviter cette impasse du raisonnement, il faudrait donc que nous combinons avec une liberté plus que fantaisiste les lois de l'évolution et l'absence de la mort. Nous coexisterions donc avec les dinosaures. Et beaucoup d'entre nous serions encore des primates vivant dans les arbres, tandis que ceux récemment nés circuleraient en voiture dans nos villes. Étrange scénario de coexistence!
Nous laisserons aux humoristes plus talentueux que nous le plaisir d'imaginer cet étrange état de nature aussi contradictoire que le monde d'Alice au pays des merveilles. Laissons donc de côté ce questionnement d'ordre biologique trop contradictoire pour notre raisonnement et prenons une hypothèse simplifiée.
Imaginons qu'un homme ait le privilège extraordinaire de ne jamais mourir et qu'il en soit conscient. Ajoutons, pour ne pas le faire trop souffrir éternellement, qu'à l'âge de 40 ans, en pleine santé et possession de ses moyens, il cesse de vieillir. Il pourrait certes imaginer un destin singulier, celui de témoin, de mémoire vivante, de grand sage que tous les hommes viendraient consulter, ou de "fou du roi", rappelant aux hommes tous leurs malheurs passés pour qu'ils évitent le pire. Mais comme nous ne lui donnerons pas un pouvoir de prescience, il serait constamment dans un choc du futur" qui l'obligerait à se réadapter sans cesse à tous les changements de vie que nous inventons.
On peut se demander si cette désadaptation chronique ne deviendrait pas lourde à vivre. Imaginons donc que son esprit demeure constamment jeune et branché sur l'actualité, sans qu'il perde la mémoire : il vivrait dans une schizophrénie permanente, écartelé entre diverses personnalités liées aux époques successives qu'il aurait connues et qui deviendraient vite contradictoires. Ce scénario rencontre lui aussi tant de paradoxes et d'incongruités qu'il est difficile à poursuivre.
Imaginons alors que je sois cet homme, et que je sache que je ne mourrai jamais, tout en gardant une bonne santé, une bonne mobilité et toutes mes capacités cérébrales. Imaginons donc que je devienne un vieil homme avec le corps d'un jeune. Comment penserais-je ma vie?
Sans doute prendrais-je paradoxalement davantage le temps de vivre, n'étant plus pressé d'accomplir mes projets, de voir mes amis, de visiter un pays, un musée, de lire un livre, d'aller me baigner, puisque j'aurais "tout mon temps". Peut-être n'aurais-je plus l'énergie qui m'anime actuellement, alors que je sais que le temps m'est compté. Est-ce que je m'ennuierai? C'est possible, mais cela ne me ressemble pas. Je demeurerais donc excité par la réalisation de tous mes projets de livres, de peintures, de rencontres, de voyages. Mais il me semble que je n'aurais plus d'angoisse et que je deviendrais un simple jouisseur de la vie, avec le seul souci constant de gagner ma vie ou de m'assurer une retraite financière éternellement suffisante pour pourvoir à mon existence.
Je n'aurais plus ce besoin impérieux, incessant, qui m'anime dans ma condition humaine réelle, de donner un sens à ma vie, qui me permette de mourir sans regret, sans frustration le jour venu.
Et si nous étions tous dans ce même état de ne plus avoir peur de la mort qui ne nous atteindrait plus, nous n'aurions plus, aucun d'entre nous, ce besoin impérieux de nous surpasser constamment pour légitimer le privilège de la vie dont nous jouissons et pour survivre à notre mort dans la mémoire collective des hommes.
Devrais-je conclure que c'est la mort qui nous oblige à donner un sens à notre vie? Cela ne fait aucun doute. Et c'est en ce sens que la mort sert à quelque chose. A quelque chose de majeur, qui est la grandeur de l'homme, ce par quoi il dépasse son état de nature, il diverge de l'animalité qui était son sort originel. 
La mort est la faiblesse de notre corps. Mais c'est sa fatalité qui crée la volonté de notre esprit de surmonter notre condition physiologique. La mort est un processus naturel. Mais la conscience que nous en avons tout au long de notre vie, l'angoisse qu'elle suscite en nous et donc la volonté que nous avons de la vaincre, voilà ce qui fait de nous une exception dans la nature.  Du moins chez ceux qui sont assez fous pour y penser sans cesse plutôt que de jouir sagement et humblement de la vie quotidienne, sans autre ambition que d'en maintenir la jouissance le plus longtemps possible. Ces fous-là demeurent très marginaux, au moins dans leur volonté d'assumer pleinement cette divergence de l'esprit par rapport au corps.
Cette victoire sur la fatalité de la mort, ardemment recherchée, n'est pas un caprice personnel, une affaire d'égo, fusse-t-il celui, mégalomane, d'un artiste comme le prétend Ben Vautier - cela demeurerait terriblement médiocre -, mais une victoire partagée avec une grande communauté d'hommes et de femmes qui ont contribué dans tous les domaines magnifiquement à l'histoire de l'humanité et qui m'ont fait ce que je suis.
Certes nous sommes en présence d'un mythe, celui de la victoire de la vie sur la mort, de la vie "éternelle", que nous promettent les religions, mais incarnée dans le mythe de l'Homme. Je ne crois pas en Dieu, mais je crois en l'Homme. C'est le mythe porteur d'espoir que j'ai évoqué dans le livre que j'ai intitulé "Nous serons des dieux".
Car cette victoire individuelle est partagée avec d'autres, qui y ont aspiré avec toute leur volonté.
Cette victoire est celle qui me laisse espérer que le jour de ma mort ne sera pas misérable, mais que ce sera le plus grand jour de ma vie, celui qui scellera ma certitude de survie dans la mémoire des hommes. J'éprouverai alors ce que j'appellerai "la joie de la vie plus forte que la mort". Une mort joyeuse.

vendredi 15 janvier 2016

Tweet art: hyperhumanisme - scan it!

                                           Tweet philosophie: Hyperhumanisme, 2015



Quick Response : scan it.

Hyper pour hyperliens qui créent plus d’humanisme.

Hyper from hyperlinks creating more humanism.

Hyper de hyperlinks creando más humanismo.

Hyper von Hyperlinks, die mehr Humanismus schaffen.

Hyper de hyperlinks criando mais humanismo.

Hyper di hyperlink creando  più umanesimo.


更人性化.



mercredi 13 janvier 2016

mardi 12 janvier 2016

L'engagement artistique




                                                                       Tweet art, 2011

Un artiste est toujours engagé. Engagé artistiquement dans son oeuvre, dans l'exploration d'une esthétique, d'un thème, bref d'une vision du monde, fusse-t-elle seulement décorative. Engagé existentiellement, sans concession, comme le furent Van Gogh et Gauguin, Pollock ou Nicolas de Stael, Mais il peut aussi s'engager socialement, voir politiquement  et chercher à exprimer cet engagement partisan ou éthique dans son oeuvre même. Les exemples sont nombreux, de Goya et Delacroix à Courbet, Otto Dix, Picasso, la Coopérative des Malassis ou Bansky, de Dada et John Heartfield à Klaus Staeck, d'Ernest Pignon-Ernest à Antonio Muntadas et aux artistes de l'arte conceptual d'Amérique latine et de beaucoup d'autres artistes d'Europe centrale soumis aux dictatures communistes. Il peut être engagé au nom du féminisme, de l'écologie, de l'orientation sexuelle. Les artistes de l'art corporel, tels Gina Pane et Journiac témoignent d'un engagement à la fois existentiel et formel. Et bien sûr, il faut faire la part dans ces engagements artistiques les plus divers entre divers dégrées de conformisme ou  d'opportunisme qui en limitent la valeur éthique et l'authenticité qui en constitue une exigence incontournable, même si elle n'implique pas toujours de volonté d'action publique.
La forme de cet engagement de l'artiste varie selon les époques et les contextes. Ses stratégies peuvent être des plus diverses. Pour notre époque actuelle, je dirai que les artistes engagés sont ceux qui croient que l'art peut changer le monde, selon diverses modalités, qui varient entre évocation, dénonciation, ou questionnement.

Je me méfie de l'art partisan que voulaient le fascisme ou le communisme, qui usait principalement de l'évocation dénonciatrice. Pour l'art sociologique, j'ai donc préféré une démarche interrogative, qui fut celle de l'École sociologique interrogative et j'ai tenté de mettre en pratique une esthétique interrogative. Une question bien formulée est plus efficace aujourd'hui pédagogiquement qu'une représentation partisane. Il y a eu une époque ou le Tres de Mayo de Goya ou le Guernica de Picasso étaient insurpassables. Et cela demeure vrai en photographie; des photographies de guerre qui ont fait le tour du monde et créé un changement déterminant de l'opinion publique. Ce n'est plus possible avec la peinture.
Quoiqu'il en soit des choix formels de l'art engagé, ce qui est toujours en jeu, c'est la priorité qu'il accorde à l'éthique sur l'esthétique. C'est l'éthique planétaire qu'il met en scène par son questionnement.
On dit que ces notions d'engagement et d'éthique planétaire sont typiquement françaises et que les autres cultures sont plus pragmatiques, moins idéalistes. Sudhir Hazareesingh, professeur à Oxford, d'origine indienne, qui connaît remarquablement la vie intellectuelle française le souligne dans son dernier livre: Ce pays qui aine les idées (Flammarion, 2015). Il souligne cette spécificité messianique qu'il attribue à la Révolution française, Auguste Comte et sa religion de l'Humanité,  suivi de nombreux intellectuels français défenseurs des droits universels de l'homme. Le lisant, j'ai découvert que je m'inscris ainsi dans une tradition qui n'aurait rien d'universel. Ce ne serait pas une raison pour m'en dissuader, bien au contraire. Ils sont nombreux sur notre planète, ceux qui ont voulu changer le monde.Le Christ, Bouddha, Mahomet, Napoléon, Hitler, Staline, Mao et j'en passe. Comme toujours pour le meilleur et pour le pire. Je me méfie des idées et des idéologues comme de la peste. Mais je crois à l'éthique planétaire, celle du respect des droits universels de l'Homme. Ce sont des idées banales, ordinaires, hors de tout esprit de conquête, mais manifestement très difficiles à respecter. Il faudrait que nous soyons plus nombreux à nous engager pour elles.

jeudi 7 janvier 2016

La divergence


Tweet philosophie: La divergence, 2015

Quick Response : Scann it.

« L’évolution procède moins selon la loi de Darwin par adaptation et sélection que selon la loi de la divergence, qui s’oppose aussi à la loi de la répétition. » (La divergence du futur, Hervé Fischer, vlb, 2014)

« Evolution progresses not so much by adaptation and selection according to Darwin’s law, but rather according to the law of divergence, which opposes also to repetition. »

« La evolución progresa menos según la ley de Darwin basada sobre la adaptación y la selección, que según la ley de la divergencia, oponiéndose también a la repetición. »

«Die Entwicklung verläuft weniger nach Darwins Gesetz durch Anpassung und Auswahl, als durch das Gesetz der Divergenz, das sich auch dem Gesetz der Wiederholung widersetzt. »


发散

dimanche 3 janvier 2016

Image et création



Tweet Art, 2016

Le pouvoir de l'image est tellement grand que plusieurs religions et en particulier les diverses variantes de l'islam ont interdit toute représentation de leur dieu, de son prophète et même, au-delà du monde religieux, toute figuration d'un être vivant, voire d'un objet profane. Cet rejet des icônes assimilées à des idoles existe déjà dans l'Ancien Testament (Exode XX,4): 
    "Tu ne te feras pas d'idole, ni rien qui ait la forme de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur terre ici-bas ou dans les eaux sous-terre."
Dieu seul détient le pouvoir de créer des figures.
Le catholicisme n'a pas retenu cet interdit, usant au contraire de la gloire auréolée des images pour célébrer son dieu et ses saints, mais le protestantisme y est revenu dans le respect de son austérité opposée aux excès somptuaires de l'église vaticane.
L'islam en a renouvelé l'interdit dans le Coran : 
    "Abraham dit à son père Azar: "Prendras-tu des          idoles pour divinités?
    Je te vois, toi et ton peuple, dans un égarement         manifeste." (Coran, VI,74)
Annie Vernay-Nouri, qui rappelle ce texte dans "L'image et l'islam"(*), souligne que cet aniconisme n'a certes pas été totalement respecté selon les époques et les variantes de l'islam, mais il a induit en retour un art de la calligraphie, qui a pris valeur iconique d'écriture-image.
Elle cite cependant aussi cet hâdit du prophète:
    "Les anges n'entreront pas dans une maison où il        y a un chien, ni dans celle où il y a des images." (Al-Bukhâri, LXXVII, 87)
Et cet autre:
    "Ceux qui seront punis avec le plus de sévérité au jour du jugement dernier sont: le meurtrier d'un prophète, celui qui a été mis à mort par un prophète, l'ignorant qui induit les autres en erreur et celui qui façonne des images et des statues."(**) 
Les pratiques de la magie, rituels, objets fétiches, masques et grigris, démontrent le même pouvoir des figurations dans les mains d'un sorcier.
Voilà qui ne laisse aucun doute sur le statut iconique des images en Occident. Le peintre s'arroge un pouvoir qui traditionnellement est interdit par Dieu, ou dont use la magie et la religion pour exercer sa puissance. Les images incarnent la puissance créatrice des dieux ou la présence et l'efficace des esprits. Comment ose-t-il usurper cette force sacrée? Il ne le faisait initialement que selon la demande des chamans et des chefs religieux, et selon les rituels requis. Cet art était interdit ou sacré.
Et même lorsque l'art semble aujourd'hui être devenu profane, il garde donc dans l'inconscient collectif des sociétés cette aura sacrée originelle. Cela explique sa valeur sociale fétichiste et son pouvoir de légitimation de ceux qui en possèdent des oeuvres. Cela fait comprendre la force de transgression que peut recéler encore l'image, non seulement dans les caricatures du prophète qui ont suscité des assassinats comme celui des dessinateurs de Charlie Hebdo, mais aussi dans des créations d'apparence plus profane comme "L'origine du monde" de Courbet, l'actionnisme viennois, ou le body art de Journiac ou Gina Pane. 
Cela explique encore le silence respectueux que nous imposent les musées, eux-mêmes conçus selon des architectures de temples ou de cathédrales. 
C'est en ce sens encore, que j'ai pu écrire dans L'Avenir de l'art (***) que l'art va remplacer la religion. 

Mais au-delà de ces considérations mythanalytiques sur le statut sacré de l'art, même le plus actuel, qui me conduisent à affirmer que tout art est icônique, nous devons prendre en compte aussi des données cognitives aujourd'hui bien établies.

Face à l'instabilité et à l'évanescence  de notre perception du réel, que rappelle avec beaucoup de pertinence Philippe Boissonnet, un artiste majeur de l'holographie (****), le cerveau tend à fixer des images stabilisées de nos sens, permettant d'agir efficacement pour reconnaître, saisir et transformer les objets. A l'opposé des vibrations du mouvement brownien de nos perceptions, voire de la matière, qui domine dans notre rapport au monde sous l'effet des drogues, comme l'a montré notamment Aldous Huxley, le cerveau simplifie, synthétise nos perceptions et les décodes en fonction de notre "librairie" mémorisée: ceci est un chat, une fourchette, un arbre, etc., selon les besoins de notre action, de notre survie, ou selon nos attentes et nos désirs.  C'est seulement dans le deuxième regard plus attentif, que nous portons aux choses, que nous pouvons nous offrir le luxe d'en détailler les aspects plus spécifiques. Le cerveau choisit, censure, dessine, synthétise et reconnaît les objets dont nous avons besoin ou qui constitueraient un danger. Bref, il icônise sans cesse. C'est là une fonction basique de nos facultés cognitives, sans laquelle nos perceptions seraient d'une totale confusion. 
Nous observons ainsi que cette fonction cognitive nécessaire à notre survie coexiste avec le mythe de la création qu'osent usurper les artistes. 
Ceux d'entre eux qui préfèrent le cinéma, la danse ou l'installation à une image encadrée en deux dimensions, savent bien que nous en extrayons, lorsque l'oeuvre est assez puissante pour le permettre, des images emblématiques, icôniques, qui sont celles qui suscitent notre admiration et qui demeurent dans notre mémoire.
Même la publicité la plus profane (apparemment) ne procède pas autrement. Et elle icônise ainsi des logos, des marques, des objets de consommation triviale, qu'elle sacralise et inscrit dans notre mémoire, afin que nous nous en souvenions au moment de l'achat dans les centres commerciaux. Il en est des affiches publicitaires comme des images et statues des saints catholiques que viennent prier les fidèles dans les églises lorsqu'ils ont une faveur à leur demander.
Toute perception lisible est icônique. Toute oeuvre d'art l'est aussi, L'une comme l'autre sont des décisions, des volontés, qu'elles viennent de la physiologie du cerveau ou de de la fonction originelle sacrée des magies et des religions. 
Neurosciences et mythanalyse se rejoignent ainsi.Un dessin digne de son nom est un dessein, une volonté de puissance et d'action qui se confronte au réel et lui impose une vision originale. Une peinture forte n'est pas un simulacre Impossible, pas une copie médiocre et réductrice de la réalité. Bien au-delà de la perception évanescente et incertaine que peut en avoir le peintre, comme chacun de nous, elle est une décision, une prise de pouvoir face au réel, qui prétend en fixer les traits. C'est ainsi qu'a toujours procédé la peinture, qu'elle soit primitive ou de la Renaissance, classique ou impressionniste, cubiste ou abstraite, minimaliste ou conceptuelle. L'art décide de notre vision du réel. Il en a toujours été ainsi. Ce le sera toujours. 
L'artiste n'est pas un imitateur de la création du monde par la nature ou par un dieu, mais un créateur du monde, tel qu'il en décide et qu'il nous le dévoile. C'est en ce sens qu'il incarne ambitieusement le mythe suprême de l'origine du monde. Il doit être à la mesure de notre exigence métaphysique.




(*) Voir: https://www.google.ca/webhp?sourceid=chrome-instant&ion=1&espv=2&ie=UTF-8#q=l%27image%20de%20l%27islam
(**) Cité par Oleg Grabar, La Formation de l'art islamique, Paris, Flammarion, coll. "Champs", 2000, p. 112.
(***) L'Avenir de l'art, vlb, Montréal, 2010
(****) Philippe Boissonnet, Désir d'effet holographique et inachèvement du regard, publié dans la revue Archée: https://www.dropbox.com/home 

vendredi 1 janvier 2016

URGENCE DE LA PENSÉE - TWEETPHILOSOPHIE

Tweet philosophie: QR Urgence de la pensée, 2015


Quick Response :  scann it!

Urgence de la pensée face aux défis de la technoscience, du réchauffement planétaire, des crimes contre l’éthique planétaire, de la crise économique et du chômage, du terrorisme.

Urgency of thinking, facing the challenges of technoscience, global warming, crimes against planetary ethics, economic crisis and unemployment, terrorism.

Urgencia del pensamiento para responder a los retos de la tecnociencia, del encallamiento global, de los crimines contra la ética planetaria, de la crisis económica y del desempleo, del terrorismo.

Notfall des Denkens, um die Herausforderungen der Technowissenschaft, der globalen Erwärmung, der Verbrechen gegen die planetarische Ethik, der Wirtschaftskrise und der Arbeitslosigkeit, des Terrorismus zu bewältigen.


鸣叫哲 - 快速回 :紧急思