vendredi 16 octobre 2020

L'artiste (en région) son rôle, ses enjeux, une correspondance, un témoignage



courriel :

Caroline Saint-Jacques

Rép : Manifeste

À : Fischer Hervé

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Bonjour, je viens d'apprendre un nouveau mot fantastique grâce à vous, périphérisme. La définition me touche.  En fait, oui difficile, car bien que je m'adonnais à la lecture (surtout en lien avec mes intérêts sur les enjeux environnementaux)... je ne suis pas à proprement dit un rat de bibliothèque. Je suis plus une rate d’atelier. Mais il faut ce qu'il faut !

La décision de faire une Maîtrise en développement régional pour l’artiste en région m’est venue parce que je me voyais devoir abandonner mon atelier pour toujours. C’est immensément difficile en région de vivre de son art, c’est difficile de faire des projets dans les écoles par exemple (les directions, les enseignants sont très irrespectueux, ils nous prennent pour des bouffons venant animer leurs groupes.) Avec mon conjoint, on a fait plusieurs grands projets de murales dans les écoles. Aussi, démarrer et garder en vie des organismes et des projets culturels relève du miracle; on est toujours dans les demandes de subventions en plus du mandat du projet lui-même. Sans parler du fait que, si on veut en tirer un salaire, il n’y a pas ou peu de lieu de diffusion, pas de marché donc il faut se déplacer, faire des demandes de subventions. Après de nombreux refus, je n’essaie plus. Je peins pour moi et basta, j’ai cessé de croire à cet idéal de voyage à travers le monde pour ma carrière. Devant les choix suivants : vivre sans créer ou créer sans vivre, j’ai décidé avec le brin de résilience qui me reste, d’allumer le feu de la scolarité. Ce problème trouverait peut-être une solution, une réponse dans un processus de maîtrise. Ou du moins, je pourrais créer un argumentaire pour convaincre quelques penseurs, quelques politiciens ou, qui sait, cette recherche sera un héritage pour les futurs artistes qui comme moi espèrent participer à changer le monde via leur pratique artistique. 

Car voilà pourquoi vous êtes un phare dans ma nuit, cette phrase que vous me chuchotez à l’oreille depuis 5 ans, alors que mon enseignante Danielle Boutet m’a invité à lire votre livre dans le cadre d’un programme cours en étude des pratiques artistiques : « Ce sont les artistes les plus lucides, les plus enclins à questionner notre société, les plus volontaires dans leurs refus, leurs contestations, leurs espoirs. Ce sont les artistes qui pensent le plus qui créeront l'art de demain. (...) L'exigence pour l'art est d'imager notre conscience, d'iconiser nos valeurs, nos références, le sens collectif que nous voulons donner à nos vies, les mythes selon lesquels nous exprimons nos espoirs et nos peurs. » (Hervé Fischer, L’avenir de l’art, 2010, chap. 10).

Je suis touchée d’être en train vous écrire aujourd’hui, car je vous ai beaucoup parlé, dans ma tête. Je vous ai tant de fois demandé de m’aider à garder le cap, quand c’était toff. Parce qu’en région c’est toff. Crissement toff de changer le monde par l’art. En fait tout le chapitre L’art changera le monde, me suit dans mes réflexions, mes espoirs, mes actions. Il faut chaque jour se motiver, se retrousser les manches et croire et croire encore qu’on a un dessein utile dans l’ordre des choses. Alors que tout nous faire croire qu’on n’a pas notre place dans ce monde. Alors que les structures remplies de gens bien payés à la semaine nous font croire qu’on n’a pas raison d’être. https://www.youtube.com/watch?v=t4wKQ-Ojyyo&t=2s 

Un ami, accordéoniste de Rimouski, Robin Servant, me disait l’année dernière : « Veux, veux pas, tu es ce que tu es, aussi ben ne pas nier sa nature. Faut juste trouver une façon pas trop souffrante, confortable si possible pour être ce que l’on est, alors que TOUT ou presque veut nous en empêcher. C’est un domaine où même quand ça va vraiment bien, c’est pas facile, c’est juste moins tough, faut être fait fort, courage ! »

Donc avant d’abandonner complètement je me suis posé des questions car, je peins pour changer le monde. Lors d’un colloque où mon intervention partait de votre citation, pour faire mon énoncé, j’expliquais que je peignais pour changer le monde, ou du moins, pour faire ma part dans ce tout ce qui va mal sur terre, pour faire quelque chose plutôt que de ne rien faire. Mon sujet de prédilection, à travers ma recherche artistique, est la préservation du patrimoine vivant. Mais comment changer le monde quand on est sans cesse freiné ? Quand on ne nous fait pas une place dans le monde pour être, créer, partager ? Comment faire sa propre place dans un monde où l’art…va si mal ? J’ai essayé et essayé, je n’ai pas encore trouvé une façon qui me permette de créer et vivre sereinement (Jjai 42 ans, 3 grands enfants sec. Cégep, université). 

Suite à une bonne centaine de questions du genre… je commence à trouver (quoique je sois dans le début de ma réflexion) et ça ira dans ce sens : « L’artiste en région, son rôle, ses enjeux. D’abord, j’avais une question du genre de celle-ci : « Le mandat des instances culturelles permet-il aux artistes d’avoir une carrière pérenne en région ? », mais on m’a dit qu’on sentait trop la réponse que je cherchais avoir. À suivre, je suis très novice dans cet univers de recherche, de citation, End Note et toutes ces choses…

Bref, je ne suis pas assez brève… mais merci de m’avoir écrit un petit mot, merci pour votre travail pour l’art. J’irai acheter votre nouveau livre, il est dans ma liste de lecture à faire…longue liste étant donné que je dois m'affairer à devenir une érudite dans un milieu qui n’était pas à priori le mien. Je suis en Développement régional à Rimouski, mais je sens que dans ma région il est temps qu’un artiste parle. 

Ma question se précise de jour en jour au fil de mes recherches, de mes lectures (aujourd'hui, Georges Crosz, peintre dadaïste berlinois, m'a inspiré avec cette citation : « C’est une erreur de croire que, lorsqu’un artiste peint des toupies, des cubes ou des enchevêtrements reflétant les tréfonds de son âme, il est alors un révolutionnaire. Vos pinceaux et vos plumes qui devraient être des armes ne sont en fait que des pailles vides. Sortez de vos ateliers, laissez-vous prendre par les idées des citoyens et aidez-les dans leur lutte contre cette société pourrie. » L’artiste joue divers rôles indéniables dans la société, dans sa communauté. Comme le liant dans une communauté, comme des drapeaux rouges hissés au portillon de nos âmes endormies, leur création met en relief l’identité d’un peuple, iconise nos valeurs et dénonce nos frasques. Comme des phares éclairant la voie navigable, des moteurs d’évolution pour nos sociétés, ils influencent et orientent les changements que nous devons amorcer pour la suite du monde. J'émets l'hypothèse que les artistes partout sur le territoire, ceux dont les racines profondes sont bien ancrées et implantées dans leurs milieux, participent et maintiennent vivant le patrimoine culturel et l’identité d’un village, d’une ville, d’une région.

En ce sens, le mandat des instances et des structures culturelles devrait permettre aux artistes d’avoir une carrière libre et pérenne en région. Une culture forte et bien implantée favorise l’évolution de la pensée critique d’une société. Mais l’artiste engagé, dont les évaluations de projets passent par une pléthore de filtres gouvernementaux, institutionnels, peut-il réellement croire en sa réelle liberté de création ? De surcroit, si dans une région, l'artiste prend position, adopte une posture engagée qui heurte certaines idées en place, sera-t-il financé ? En ce sens, je me questionne sur le rôle de l’artiste en région et sur ses enjeux. Mon image émerge d'une hypothèse, je réfléchie par l'image... si elle se transforme, je vous la partagerai. Sur ce, au plaisir et merci encore d'être et de changer le monde.

Art-Projets scolaires-Art/santé mentale et société

 

 

jeudi 15 octobre 2020

Une exposition exceptionnelle au Centre culturel canadien pour célébrer ses 50 ans!

 



Malgré toutes les difficultés liées à la pandémie, le Centre culturel canadien a relevé le défi de célébrer son cinquantenaire - pas moins, et je sais ce que cela veut dire, venant d'atteindre moi-même  l'âge vénérable de 79 ans - de monter une exposition mêlant des artistes canadiens confirmés, sélectionnés par la commissaire Catherine Bedard, et un ensemble de photos citoyennes de Français et de Canadiens ayant usé de leur smartphone pour se présenter les uns aux autres des images significatives de leurs pays. Une idée originale, très actuelle (art citoyen, une idée en résonance avec l'art sociologique que je pratique, et ce que Marie-Laure Desjardins, fondatrice de ArtsHebdoMédias, appelle le mobile art). Il est extrêmement intéressant d'explorer les convergences et différences de points de vue individuels, ainsi que géo-culturelles entre les citoyens des deux pays. Et, selon moi, qui ait dit depuis cinquante ans qu'il y a un artiste potentiel en chaque individu - ce qu'affirmait aussi Beuys -, je retrouve dans la créativité de ces images citoyennes, leurs stéréotypes, certes, mais aussi leurs originalités, telles qu'y incite la flexibilité des smart phones, toujours disponibles pour toute personne, en tout lieu et à tout moment pour capter un regard, une situation, une démonstration remarquable. Je suis moi-même fier d'être présent dans cette exposition comme citoyen sélectionné, ayant envoyé ma contribution photographique et non comme  artiste présélectionné.  

Bravo donc, Et c'est tellement dommage que l'exposition n'ait duré qu'un mois. Elle méritait beaucoup plus, en particulier avec les difficultés actuelles de déplacement. Heureusement, elle demeure accessible virtuellement. Espérons qu'elle circulera en France et aussi au Canada. Ce serait une sorte d'obligation logique. 






mercredi 14 octobre 2020

L'art change doit changer le monde

Aujourd'hui j'ai 79 ans et j'affirme:


 

mardi 6 octobre 2020

vendredi 2 octobre 2020

Paul Verlaine revisité

 

Hervé Fischer13 mai 2013 (publié dans Voir.ca)






Le web est par-dessus la Terre

Le web est, par-dessus la Terre
Si bleu, si vaste
Un lien, par-dessus la toile
S’étire là-bas.

Un tweet, comme un rond de fumée
Monte dans l’azur
Un blogue, comme une légère vapeur
Revient vers toi

Dis-moi ! Dis-moi quel algorithme
Pourra créer
Dans le flux des réseaux sociaux
Ta liberté ?

Et n’espères-tu rien d’ici-bas,
Cherchant sans cesse
Un bonheur numérique d’écran
Cathodique ?

(Paul Verlaine numérisé)

  

Hervé Fischer13 mai 2013 (publié dans Voir.ca)


 












Hervé Fischer13 mai 2013 (publié dans Voir.ca)

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A special stamp for today's planet


 

Scan your emails, posts and drops




 

mercredi 30 septembre 2020

Lily Woodruff "Disordering the Establishment"


Lily Woodruff publishes at Duke University Press a remarkable book on French artists of the 1960s-1970s who challenged the power and legitimacy of art institutions in questioning, subversive and alternative practices. She analyzes the work of the Groupe de recherche en art visuels - le GRAV, of Daniel Buren, André Cadéré and the Collectif d'art sociologique. She demonstrates an exceptional knowledge of the intellectual debates of the time, from Guy Debord (La société du spectacle et l'Internationale situationniste) to Jean-François Lyotard (La condition postmoderne) including Edgar Morin, Maoism, Wilhelm Flusser and so many other leading actors of the debates of this effervescent period. 

As far as the Collectif d'art sociologique is concerned, she analyses with great finesse the points of rapprochement and the divergences of the artists who constituted it, in relation to other artists of this period, notably from body art, as well as the analyses by the major art critics Pierre Restany, François Pluchart, Otto Hanh and Jean-Marc Poinsot. 

The challenge was, especially for an American art historian,  ambitious, the conflicts of ideas and people difficult to untangle and she takes it up in a limpid writing with a lot of finesse and objectivity. Being myself concerned, quoted and my work evoked and analysed, l give Lily Woodruff satisfaction for the attention she paid to my theoretical and artistic approaches and the accuracy of her words. 

A very original, striking, lucid, balanced and fair book, which depicts an important moment in the history of art and ideas in France when the rebellion of May 1968 broke out.





 

mercredi 23 septembre 2020

AMAZON ARCHIVE, a mail art project initiated by Ruggero Maggi

 



At 1979, after some travels to the South American Forest I planned an Archive dedicated to Amazon to highlight by some art projects (*) the systematic destruction perpetrated by landed proprietors with the connivance of the some governments to build the sadly “famous” trans-Amazonian highroads – real deep cuts on the forest's skin – and for a devastating plan of industrial agriculture which has “taken flash off” the forest. Forest which has not finished crying, has not ended to be sacrificed to favour also today the more wicked interests of unscrupulous persons.

After 40 years the AMAZON ARCHIVE invites you to send one or more works dedicated to this theme exclusively by post.

Intervene as you like, on one on more leaves picked on the ground
max size: 30x40 cms
free technique
deadline: December 31th 2020

The idea is to create an installation (a space/forest) with the help of the mail artist community.
The works will remain in the Amazon Archive
Online documentation and in the Juliet art-magazine.

Send to:
AMAZON
ARCHIVE OF ARTISTIC WORKS AND PROJECT
ABOUT THE AMAZONIC WORLD.
c/o RUGGERO MAGGI – C.SO SEMPIONE 67
20149 – MILANO – ITALY -

On the back of the work indicate your data and email address (data that you will send me also by email to maggiruggero@gmail.com)

Please spread this call to all your contacts ...
THE AMAZON MUST LIVE
THANKS and good job!

Keep in touch.
Ruggero

(*) 1979 “Amazon” at Spazio Sixtonotes, the first Mail Art exhibition in Milan
     1980 “Amazonic Trip” Universidad Catolica di Lima, the first exhibition of Mail Art in Perù
     1981 “Amazonic High Ways” XVI Biennale di San Paolo (Brazil)

dimanche 20 septembre 2020

Le coup de gong de la crise mondiale et la boussole


Notre seule boussole dans le chaos planétaire de la crise, et qui ne se trompe JAMAIS: l'éthique planétaire.
 

vendredi 18 septembre 2020

"Image... envoyée" au Centre culturel canadien de Paris, pour célébrer ses 50 ans d'activité

 le Centre culturel canadien vous ouvre ses portes pour la Nuit Blanche ! De 19h à 23h, venez visiter notre exposition Image... envoyée : une production exceptionnelle pour célébrer les 50 ans du CCC.


Au programme : 36 projets photographiques inédits d’artistes majeurs de la scène contemporaine canadienne ainsi qu’un volet citoyen regroupant 50 photographies envoyées par des citoyens et citoyennes du Canada et de France.

Né du confinement, ce projet propose le nouveau regard d’artistes professionnels comme amateurs, qui nous offrent une vision actuelle et personnelle de leur monde. Les artistes canadiens et canadiennes envoient vers la France un aperçu de leur univers, au Canada. L’exposition rend aussi hommage, par la réciprocité de sa composante citoyenne, à l’amitié Canada-France à travers des photographies prises par des citoyens et citoyennes de France pour le Canada, et par des citoyens et citoyennes du Canada pour la France.

Artistes invités : Jocelyne AlloucherieStephen AndrewsSara Angelucci, Ming Arcand & Denys Arcand, IAIN BAXTER& (the &man), Robert Bean, Dominique BlainMarie-Claire BlaisDianne Bos, Michel Campeau, Bertrand CarrièreMillie ChenSerge Clément, Robin Collyer, Louis Couturier & Jacky G. LafargueDonigan CummingStan DouglasPascal Grandmaison, Angela Grauerholz, Adad HannahIsabelle Hayeur, Geoffrey James, Mark Lewis, Jimmy Manning, Aude MoreauNadia Myre, Ian Paterson, Ed Pien, Michael Snow, Lisa Steele & Kim TomczakJana SterbakPublic Studio (Elle Flanders & Tamira Sawatzky)Adrian Stimson,Diana ThorneycroftMichèle WaquantJohannes Zits

Avec un projet spécial et pan canadien de Geoffrey James
Avec une composante citoyenne Canada-France réunissant 50 participants dont une contribution spéciale de l’artiste franco-canadien Hervé Fischer

Commissaire : Catherine Bédard






Pendant la pandémie de la Covid 19, dans mon atelier d'hiver au Québec, 
peindre ma main blanche, noire, verte avec la neige, le vent et le soleil, 
jusqu'à ce qu'elle prenne sa liberté au printemps et s'en aille avec le déconfinement:
j'ai créé l'émoticon de la solidarité humaine pour le SAMU social international



vendredi 11 septembre 2020

Manifest voor hedendaagse kunst in het licht van de planetaire crisis.

 Manifest voor hedendaagse kunst in het licht van de planetaire crisis*

Er zijn analyses en modellen in overvloed  om onze “waarden”; ons politieke bestel, ons economisch, sociaal, ecologisch, cultureel, lokaal en planetaire beheer en ons individueel gedrag te veranderen, om onze volksgezondheid, onderwijs en handelspraktijken te heroverwegen en de burgermaatschappij te revaloriseren in de logica van de regeringen en de politieke bestuurders. De opties zijn vaak tegenstrijdige. Maar we moeten ook vaststellen dat er aan de kant van de kunstwereld een oorverdovende stilte heerst waardoor zij de grote afwezige zijn in dit concert van dringende oproepen tot maatschappelijke verandering. Ook op het gebied van de kunst moet de "normaliteit" die ons naar deze planetaire catastrofe leidde, radicaal worden herzien.

-Het credo van de individuele creativiteit dat "alles kunst is", geïnitieerd door Dada, Fluxus, happenings en de meest uiteenlopende installaties, heeft zijn creatieve deugden gehad, dat valt niet te ontkennen. Maar deze extreme vrijheid, die ons bevrijdde van de clichés  en de alliantie tussen kunst en maatschappij aanwakkerde bereikte, onvermijdelijk, net als het avant-gardisme van de jaren zestig en zeventig een mate van individuele verzadiging, onzin en uitputting van zijn expressieve mogelijkheden.  Ze leiden vandaag  het elitaire publiek af en het grote publiek heeft er nooit van gehouden. Om nog maar te zwijgen over het feit dat de wereld ondertussen aanzienlijk is veranderd, wat vraagt ​​om nieuwe artistieke uitdagingen.

-De geglobaliseerde "kunstmarkt", die vaak betekenisloos en middelmatig is, is gereduceerd tot een financieel product van speculatie in handen van een paar extreem rijke verzamelaars, makers en tegelijk vernietigers van de kunst. Ze zullen barsten als iriserende zeepbellen. Het is zelfs niet meer het "zielsverwantschap" van het gedereguleerde kapitalisme dat het aankoopbeleid bepaald, maar een vulgaire investering van prinselijke families, vrijhavens en veilingen. Deze verbijsterende drift heeft de traditionele markt van verzamelaars en galeries, die trouw waren aan de kunstenaars die zij op lange termijn steunden, om zeep geholpen. Ze worden gereduceerd tot ambachtslieden die hun esthetische ontdekkingen onderhandelen voor de nieuwe rijken of, als ze liever authentieke ontdekkingsreizigers van de huidige kunstwereld willen blijven, tot kleine marginale en ellendige zelfondernemers in een wereldmarkt de hen negeert en reduceert tot bedelen voor de  deuren van   van culturele overheidsinstellingen en hun liefdadigheidsprogramma’s, als die er al zijn.

-Vandaag worden we geconfronteerd met een planetaire omwenteling die dit "genormaliseerde" loslaten niet langer toelaat. De crisis, met zijn onverzoenlijke paradoxen tussen economie, ecologie, volksgezondheid en respect voor de mensheid, heeft ons opgesloten in een labyrint waaruit we geen uitweg meer kunnen vinden. We moeten echter snel handelen om te overleven in deze versnellende donkere draaikolk. In het licht van de planetaire gevaren heeft de verticale spiraal van postmoderne filosofen alle geloofwaardigheid verloren. Hoe kunnen ze ontkennen, zoals wiskundigen in de astrofysica ook volhouden, en hoewel het wordt aangetoond in de geologie en in de menswetenschappen, dat de krachtige singulariteit van de tijd in onze humane geschiedenis,  onder de creatieve spanning tussen entropie en negentropie  breekt met herhaling, selectie en darwinistische aanpassing, waardoor onomkeerbare verschillen ontstaan. We moeten kunst en  samenleving, die beide onafscheidelijk zijn, heroverwegen om nieuwe kansen te grijpen in deze wereldwijde ontwrichting.

-Al wat echt is, is fantastisch, alles wat fantastisch is is echt, maar je moet weten hoe je de oplossingen kiest die collectieve hoop brengen en de giftige hallucinaties vermijden die ons naar deze wereldwijde crisis hebben geleid die nooit zal eindigen met zijn processie van menselijk lijden. We moeten daarom een einde maken aan het cynisme van postmoderne berusting en aan de onverantwoordelijkheid van het antropogene avonturisme, met de onbeduidende dwaling van 'alles is kunst' en met de triviale drift van de ' kunstmarkt ”. Kunst moet een begrip worden, we moeten ze een betekenis geven. Natuurlijk is er geen vooruitgang in de kunst, maar kunst verandert de wereld.

 - Uit het schandaal van deze crisis komt een versterkte, hyperhumanistische onwetenschap naar voren dankzij de vermenigvuldiging van digitale hyperlinks die ons in realtime op wereldschaal informeren en ons de verplichting en de verantwoordelijkheid opleggen van een filosofische kunst op zoek naar een planetaire ethiek, een technohumanisme in overeenstemming met onze tijd, met respect voor de kracht en de kwetsbaarheid van de natuur, aandacht  voor het evenwicht tussen mens en natuur en voor de universele grondrechten van de mens, inclusief onze diversiteit en meest kwetsbare bevolkingsgroepen. 

Hervé Fischer, mei 2020, Montreal. 

Plaats hier uw handtekening ter ondersteuning van dit manifest: 

https://forms.gle/NGwtK8oZcueR7FeP6


* Traduction en flamand de Roger D'Hondt 


 

 

 

 

 

MSSA INTERVIENE SU FACHADA CON OBRA DEL ARTISTA HERVÉ FISCHER

 










https://www.mssa.cl/noticias/mssa-interviene-su-fachada-con-obra-del-artista-herve-fischer/

ROJO, peinture spray sur bâche industrielle, 353x253cm, 2019, donation au MSSA en solidarité avec la révolte du peuple chilien dans les rues de Santiago, octobre 2019, exposée sur la façade du Musée en commémoration du coup d'État du 11 septembre 2973.

Con motivo de los Ejercicios de la Memoria 2020, con los que el MSSA conmemora el golpe de Estado de 1973 y el respeto a los Derechos Humanos, se exhibirá en forma extraordinaria la obra “Rojo” que el artista franco canadiense Hervé Fischer realizó especialmente para el museo inspirado en el estallido social de octubre. Desde el viernes 11 al lunes 14 de septiembre penderá del frontis del museo en el barrio República.

Cincuenta manos estampadas con pintura roja sobre un lienzo blanco de 6 metros cuadrados es la sencilla y conmovedora propuesta artística que hoy apareció colgando del balcón principal del edificio patrimonial del Museo de la Solidaridad Salvador Allende, en la comuna de Santiago. Su exhibición forma parte de Ejercicios de la Memoria, conmemoración anual que ofrece el museo en unión a otras instituciones, como una forma de invitar a la reflexión sobre el respeto a la vida, los Derechos Humanos y a lo inconcluso en lo histórico y lo judicial respecto a los crímenes de la dictadura en Chile.

El lienzo, titulado Rojo (2019), es obra de Hervé Fischer, artista y filósofo franco canadiense que, inspirado en el estallido social en Chile, envió su creación desde Quebec a fines del año pasado como corolario de una larga relación con el Museo que data de 1972. 

Obra sin título (1972) de Hervé Fischer, perdida tras el golpe de Estado de 1973. Fotografía de Armando Cardoso.

Cuando se fundó el Museo de la Solidaridad, Fischer fue uno de los primeros artistas extranjeros en donar una obra (Sin título, circa 1972), pero en 1973 luego del golpe de Estado se perdió su pista y permanece desaparecida hasta hoy, como otras obras de ese periodo. A fines del 2012 y como un gesto de recuerdo de aquella pieza, hizo una segunda donación,  Obra desaparecida 1972 y violencia de la dictadura, un díptico en esmalte sobre tela que fue exhibida en la exposición Historias desde la bruma. Ficciones de una desaparición(2012).

Rojo, fue instalada por el equipo profesional del museo en la fachada del edificio para su exhibición durante este fin de semana, tras la aceptación del artista a la invitación que le extendiera el museo de participar con esta pieza en los Ejercicios de la Memoria de este año, continuando con la tradición del MSSA de emplazar una obra en su frontis que aporte a una reflexión desde el arte a los hechos que se conmemoran en estas fechas.

«Pinté esta lona durante el invierno 2019 en el exterior de mi cabaña en un bosque de Quebec donde vivo, en respuesta a las manifestaciones sociales que surgieron en Chile el año pasado, como una reacción de apoyo a este despertar y clamor por justicia social y dignidad. La pintura no resistió bien el frío glacial, así como mis manos desnudas para pintar. A menudo tenía que parar y calentarme, porque me quemaban. Así que no me sorprenden los daños ocurridos que forman parte de su creación. Y de antemano acepto cualquier daño que pueda provocar su exhibición afuera para el Ejercicio de memoria del 11 de septiembre de 1973. Estos se inscribirán como un rastro indeleble dentro de mi pintura. Que mi lienzo se sufra a sí mismo para comemorar más intensamente los dolores humanos chilenos!», escribió Fischer.

Pintada con pintura acrílica sobre una superficie plástica bajo las condiciones descritas por el artista, fue enviada en donación al MSSA desde Canadá. Tras su evaluación y monitoreo durante meses, el equipo de conservación del museo identificó deterioros progresivos e irreversibles en su capa pictórica. Este diagnóstico determinó que la obra no podría ser aceptada en la colección por la imposibilidad de aplicar un tratamiento que asegure su estabilidad. 

Como una muestra de reconocimiento del valor que tiene para el MSSA el envío de esta obra creada especialmente en respuesta a las manifestaciones sociales de nuestro país el año pasado, se extendió esta invitación para responder a su generosidad solidaria y cumplir con la intención de visibilizar el valioso mensaje de la obra.

Esta exhibición es el cierre de una semana nutrida de actividades en línea, que debido a los resguardos sanitarios de distancia física, han debido transformarse en conmemoraciones en formato virtual . Sin embargo, el museo valora que estas hayan permitido el encuentro directo con las ideas y las discusiones que hacen a la comunidad replantear las formas que tenemos de construir memoria de manera personal y colectiva.

mercredi 2 septembre 2020

La chaise subversive d'Anne Mégnint

Une oeuvre très originale et efficace, qui met l'esthétique au service de l'éthique planétaire et dont l'actualité nous interpelle.
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"Puisque l’un des buts visés de la conception d’une chaise est le confort, j’ai voulu inviter à réfléchir sur le prix de ce confort-là. Elle est d’abord anti-commerciale : ostensiblement dangereuse, elle ne sera jamais présentée dans un magasin au sein d’un système qui revendique la sécurité. Sous couvert de transgression du thème sécuritaire, je voudrais avancer sur le terrain de la subversion en dénonçant le système à l’endroit où il nous cajole le plus.

"Je veux donc montrer le prix du confort au-delà de celui qu’on paye à la caisse. Le prix de la violence sociale et de la violence environnementale. Quand notre confort à nous est payé par les autres.

"Enfin, je veux que cette chaise nous interpelle sur le fait que nous achetons nos conforts actuels avec de l’exclusion. Sous l’assise, les barbelés empêchent de monter les gens qui sont en dessous. De la même manière, les barbelés du dossier dissuadent les personnes qui sont derrière de trop s’approcher. Un peu à la manière de l’Europe face aux réfugiés.

Anne Mégnint 











Anne Mégnint, Française de 18 ans, inscrite à l’École Nationale Supérieure d’Art de Limoges, influencée par William Kentridge, Pablo Picasso (période 1907- 1909), Lily Rault… travaille depuis plusieurs années à la fois la question : « jusqu’où peut-on parler de portrait ? » et également à interroger ce que peut porter l’art à la Révolte.


dimanche 23 août 2020

New publications of REDFOXPRESS: Francesco Aprile & SERGE LUIGETTI






2 new Visual Poetry books

FRANCESCO APRILE & SERSE LUIGETTI

 
#147 and #148 from the "C'EST MON DADA" collection
40 pages .. A6 size .. Handbound hardcover
15 Euro each
 
CLICK HERE FOR MORE INFO & FOR ORDERING
                               http://redfoxpress.com/dada.html

samedi 22 août 2020

Kiáltvány a ma művészetéért a planetáris válság fényében

a művészet tétje ma filozófiai és etikai.
Itt támogathatod aláírásoddal a manifesztumot:
Ha támogatni szeretné e manifesztum fő gondolatait, akkor klikkeljen ide. Köszönöm, ha továbbküldi ezt a manifesztumot személyes és egyéb társadalmi kapcsolatainak, művészeknek, történészeknek, kritikusoknak, kulturális intézmények munkatársainak. A manifesztumot az aláírásokkal több jelentős sajtóorgánumnak tervezzük elküldeni.
=
Elárasztanak minket az elemzések: felszólítanak, hogy változtassunk a paradigmáinkon, az értékeinken, a politikai, gazdasági, társadalmi, ökológiai, kulturális vezetésünkön, mind lokális mind planetáris szinten, és az egyéni viselkedésünkön is: gondoljuk át a közegészségügyhöz, az oktatáshoz, a kereskedelemhez való viszonyunkat, értékeljük újra a civil társadalom szerepét kormányaink növekvő dominanciájával szemben. És mindezt egyszerre, gyakran ellentmondásosan. Mindeközben nem lehet nem kihallani a változást sürgető felhívások hangversenyéből egy hiányzó résztvevő, a művészet fülsértő némaságát. Pedig a művészet területén is alaposan újra kell gondolnunk azt a „normalitást”, ami elvezette az emberiséget a bolygó jelenlegi katasztrófájához. 

– A dada, a fluxus, a happening, a különféle installációk művészete által kezdeményezett „minden művészet” irányzat egyéni kreativitásának tagadhatatlanok az alkotói értékei. De ez a szélsőséges szabadság, ami kiszabadított ugyan bennünket a művészet és a társadalom kliséi közül és megünnepelte a művészet és élet szövetségét, az 1960-as és '70-es évek dühös avantgárdjához hasonlóan elkerülhetetlenül az egyéni rigolya, kiégettség, nonszensz irányába sodródott, az eleinte olyannyira expresszív kifejezési formái kifáradtak. Korunk elitista közönsége elfordul ettől az irányzattól, amely az általános közfigyelemet soha nem is tudhatta a magáénak. A világ pedig közben jelentősen átalakult, és új művészi elhivatottságért kiált.

– Ami a globalizált „kereskedelmi művészetet” illeti: túlságosan gyakran fullad a jelentéktelenség és a középszerűség posványába, a műkereskedők révén a spekuláció puszta pénzügyi eszközévé degradálódott néhány szupergazdag gyűjtő kezében, akik felháborító gegek kieszelőivé és hatástalanítóivá váltak, melyek szappanbuborékként pukkannak szét. Ez a fajta művészet már nem az őt létrehívó szabályozatlan kapitalizmus „lelki szükséglete” többé, hanem csak közönséges befektetés: kormányzati beavatkozások, szabadkikötők és árverések terepe. Ez a zavarba ejtő sodródás megfojtotta azon gyűjtők és galériák hagyományos piacát, akik még hűségesen szerették azokat a művészeket, akiket hosszú távon támogattak is. A művészek mára már  az újgazdagoknak esztétikai újrafelfedezéseket áruló kisiparosokká váltak, vagy ha épp a mai világ autentikus kutatói akarnának maradni, arra vannak kárhoztatva, hogy jelentéktelenek és marginálisak maradjanak. Nyomorúságos magánvállalkozók a globális piacon, amely nem vesz róluk tudomást és koldust csinál belőlük, akik legfeljebb a kormányzati kulturális szervek jótékonysági programjaira számíthatnak, már ha léteznek ilyenek az adott országban. 

– Jelen pillanatban egy olyan globális felbolydulás zajlik, amely többé nem engedi meg ezt a „normalizált” nemtörődömséget. A válság és a kibékíthetetlen ellentét a gazdaság, a környezet, a közegészségügy és az emberiség tisztelete között, labirintusba zárt bennünket, és nem leljük a kiutat. Sürgősen lépnünk kell, ha túl akarunk élni ebben az egyre sebesebben örvénylő sötétségben. A bolygót fenyegető veszélyekkel szemben a posztmodern filozófusok függőleges spirálja hitelét vesztette. Hogyan tagadhatják továbbra is – ahogy az asztrofizikában a matematikusok–,  az emberi történelem idejének határozott egyirányúságát, amikor az már a geológiában és a természettudományokban is bizonyítást nyert, és amely termékeny feszültséggel az entrópia és annak ellentettje, a negentrópia között, szakítva a darwini ismétléssel, szelekcióval és adaptációval, visszafordíthatatlan különbségeket hoz létre. Újra kell gondolnunk a művészetet és a társadalmat, úgy az egyiket, mint a másikat, melyek egymástól elválaszthatalanok, hogy új lehetőségeket ragadhassunk meg a jelenlegi globális  szétesés során.


– Minden, ami valóságos, egyúttal mesebeli is. És minden, ami mesebeli, az valóságos is. De értenünk kell a módját, hogyan válasszuk ki a kollektív remény felkeltésére alkalmas meséket, és hogyan kerüljük el azokat a mérgező hallucinációkat, amelyek elvezettek a ma világválságához, az emberi szenvedés e végtelen sorozatához. Fel kell számolnunk a posztmodern rezignáltság cinizmusát, ugyanúgy, mint az antropocén kalandorpolitika felelőtlenségét; le kell számolni a „minden művészet” jelentéktelen téblábolásával szintúgy, mint a „kereskedelmi művészet” banális tévútjával. Adjunk értelmet a művészetnek! Adjunk művészetet az értelemnek! A művészet ugyan nem fejlődik, de megváltoztatja a világot. 

– A jelen válság botrányából egy  kiterjesztett emberfeletti tudat emelkedik ki a digitális hiperlinkek sokszorosító erejének köszönhetően, melyek valós időben és globálisan informálnak bennünket. Ez egy, a planetáris etikát, a korunk technohumanizmusát kutató filozofikus művészet kötelességét és felelősségét testálja ránk, úgy a természet erejére, mint törékenységére való tekintettel, szem előtt tartva az ember és természet közti viszony ingatag egyensúlyát, valamint az egyetemes alapvető emberi jogok sérthetetlenségét, óvva sokszínűségünket és kiállva a legsebezhetőbb populációk mellett. A személyes és a planetáris etika a természet iránti tisztelettel kezdődik. Ha nem hiszünk az Emberben, akkor nincs megoldás.


Hervé Fischer, Montreal, 2020 május 

Translation in Hungarian by Artpool Research Center



dimanche 2 août 2020

Appel international à signatures pour soutenir le manifeste pour un art actuel



  MANIFESTO FOR TODAY’S ART 
FACING THE GLOBAL CRISIS


International call for signatures /appel à signatures/署名募集 /richiesta di firme llamada a las firmas /pedido de assinaturas /Unterschriftenaufruf /oproep tot ondertekening /征集


Zone de Texte: SIGNATURE
les enjeux de l’art sont désormais philosophiques et éthiques
Pour apporter votre soutien aux idées principales de ce manifeste, cliquez sur
Merci de faire circuler ce manifeste auprès de vos contacts personnels, artistes, historiens et critiques d'art, intellectuels, représentants des institutions culturelles, et sur vos réseaux sociaux. Nous l’enverrons pour publication à plusieurs grands journaux avec les signatures.
*
the stakes of art are now philosophical and ethical
To support the main ideas of this manifesto, click here:
Please circulate this manifesto to your personal contacts, artist, art historians and critics, intellectuals, representatives of cultural institutions, and social networks. We will send it for publication to several major newspapers with signatures.
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de inzet van de kunst zijn nu filosofisch en ethisch
Om de belangrijkste ideeën van dit manifest te ondersteunen, klik :
Gelieve dit manifest te verspreiden onder uw persoonlijke contacten, kunstenaars, kunsthistorici en critici, intellectuelen, vertegenwoordigers van culturele instellingen, en sociale netwerken. We sturen het voor publicatie naar verschillende grote kranten met handtekeningen.
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lo que está en juego en el arte es ahora filosófico y ético
Para apoyar las ideas principales de este manifiesto, haga clic:
Por favor, hagan circular este manifiesto entre sus contactos personales, artistas, historiadores y críticos de arte, intelectuales, representantes de instituciones culturales, y redes sociales. Lo enviaremos para su publicación a varios periódicos importantes con firmas.
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la posta in gioco dell'arte é adesso filosofica ed etica
Per sostenere le idee principali di questo manifesto, clicca :
Si prega di diffondere questo manifesto ai vostri contatti personali,  e ai social network. Lo invieremo per la pubblicazione a diversi importanti quotidiani con le firme.
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die Einsätze der Kunst sind jetzt philosophisch und ethisch
Um die Hauptideen dieses Manifests zu unterstützen, klicken Sie hier:
Bitte geben Sie dieses Manifest an Ihre persönlichen Kontakte, Künstler, Kunsthistoriker und -kritiker, Intellektuelle, Vertreter von Kulturinstitutionen, und sozialen Netzwerke weiter. Wir werden es zur Veröffentlichung an mehreren großen Zeitungen mit Unterschriften schicken.
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Kiáltvány a ma művészetéért a planetáris válság fényében
Itt támogathatod aláírásoddal a manifesztumot:


在是哲学和理学
要支持本宣言的主要击这:
将此宣言分发给你的个人系人、艺术家、艺术史学家和批家、知分子、文化机构的代表,并在你的社交网播。我会把它寄几家大
们签表。
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as estacas da arte são agora filosóficas e éticas
Para apoiar as principais ideias deste manifesto, clique aqui:
Por favor, faça circular este manifesto para seus contatos pessoais, artistas, historiadores e críticos de arte, intelectuais, representantes de instituições culturais, e redes sociais. Enviaremos para publicação em vários jornais importantes com assinaturas.
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げいじゅつのかけらは、今では哲学的・倫理的に
このマニフェストの主なアイデアを支持するには、ここをクリックしてください:
このマニフェストを、あなたの個人的な連絡先、アーティスト、美術史家や批評家、知識人、文化機関の代表者、そしてあなたのソーシャルネットワーク上で回覧してください。複数の大手新聞社への掲載に向けて、署名を添えてお送りします。
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udziały w sztuce są obecnie filozoficzne i etyczne
Aby wesprzeć główne idee tego manifestu, kliknij tutaj:
Proszę przekazać ten manifest do swoich kontaktów osobistych, artystom, historykom i krytykom sztuki, intelektualistom, przedstawicielom instytucji kulturalnych, i portali społecznościowych. Wyślemy go do publikacji do kilku dużych gazet z podpisami.